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Les cultures de blé hivernales vouées à l’échec

Les efforts déployés par le Zimbabwe pour couvrir ses propres besoins alimentaires ont essuyé un nouveau revers lorsque les médias publics ont révélé que seules 13 pour cent des cultures de blé prévues pour cet hiver avaient été plantées.

Prévoyant qu’il manquerait environ un million de tonnes de maïs sur la production de cette année pour couvrir les besoins nationaux, le gouvernement s’était fixé pour objectif de cultiver 70 000 hectares de blé au cours de l’hiver.

Or, selon The Herald, organe de presse public, seuls 8 963 hectares de blé ont été plantés, soit 53 pour cent de moins qu’en 2007. La date butoir pour semer, si l’on veut assurer une récolte hivernale réussie, est généralement celle du 10 mai.

« Nous n’avons pas atteint notre objectif, en raison de pénuries d’engrais et de carburant, et de pannes fréquentes du matériel de labour », a déclaré Rugare Gumbo, ministre de l’Agriculture, à The Herald.

Tous les achats de blé et d’autres céréales sont contrôlés par le Comité zimbabwéen de commercialisation des céréales (GMB), qui détient le monopole national.

Un responsable du GMB installé dans la région de Mutare (près de la frontière mozambicaine), qui n’a pas souhaité être nommé, a récemment expliqué à IRIN qu’il n’y avait « pas de blé hivernal parce que rien n’a été planté ».

En 2007-2008, les organisations donatrices internationales ont fourni une aide alimentaire à 4,1 millions de personnes, soit plus d’un tiers de la population.

Le Zimbabwe souffre de graves pénuries d’énergie, de carburant et de produits de base, et présenterait, selon certaines estimations non-officielles, un taux d’inflation annuel de plus d’un million pour cent.

Le président Robert Mugabe a quitté le pays le 2 juin pour assister au sommet de l’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) sur la sécurité alimentaire, tenu à Rome, en Italie.

L’Union européenne (UE) a imposé des sanctions, notamment des restrictions de circulation vers les Etats-membres de l’UE, à M. Mugabe ainsi qu’à plusieurs centaines d’autres membres haut placés de la ZANU-PF, son parti, mais le sommet étant organisé par les Nations Unies, ces restrictions sont levées.

La décision de M. Mugabe d’assister au sommet consterne le corps diplomatique et menace de faire perdre de vue l’objectif de la conférence.

« Nous pensons qu’il est particulièrement regrettable qu’il [M. Mugabe] ait décidé d’assister à cette rencontre, étant donné sa contribution aux difficultés que connaît le Zimbabwe en matière de réserves alimentaires », a déploré un porte-parole du gouvernement britannique.

Élections présidentielles

Un deuxième tour de scrutin doit avoir lieu le 27 juin au Zimbabwe ; il permettra de déterminer si M. Mugabe restera ou non au pouvoir, après 28 années de régime, ou si Morgan Tsvangirai, leader du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), parti d’opposition, lui succédera, devenant le deuxième président du Zimbabwe depuis l’indépendance du pays par rapport à la Grande-Bretagne, en 1980.

Le 29 mars, le pays avait voté pour élire les représentants des autorités locales, les membres du Parlement ainsi qu’un Président, des élections à l’issue desquelles la ZANU-PF avait perdu le contrôle du Parlement pour la première fois depuis l’indépendance ; le Parlement ne s’est toutefois pas encore réuni et l’issue du deuxième tour du scrutin présidentiel est considérée comme un tournant pour le Zimbabwe.

Des flambées de violence post-électorales ont été signalées aux quatre coins du pays ; ces violences ont vraisemblablement coûté la vie à au moins 50 personnes et provoqué le déplacement de milliers d’habitants, dont plus de 10 000 enfants.

Dans un courrier portant la mention « privé et confidentiel », mais qui a été divulgué à la presse locale, M. Tsvangirai a lancé une attaque cinglante contre le président sud-africain Thabo Mbeki, nommé médiateur entre M. Mugabe et M. Tsvangirai par la Communauté de développement d’Afrique australe.

Dans cette lettre, M. Tsvangirai aurait demandé à M. Mbeki de « se récuser » en raison de la partialité dont il aurait fait preuve dans ses rapports avec M. Mugabe, et parce qu’il aurait trahi la confiance de millions de Zimbabwéens depuis sa nomination, l’année dernière.

« L’économie du Zimbabwe fonctionnait encore, des millions de nos citoyens n’avaient pas encore fui vers d’autres pays pour échapper à la crise politique et économique, et des dizaines de milliers d’entre eux n’avaient pas encore succombé à la pauvreté et à la maladie », a revendiqué M. Tsvangirai.

La confiance perdue

« Depuis les élections du 29 mars, le Zimbabwe a même sombré dans d’épouvantables violences, pendant que vous poursuiviez la médiation. Avec tout le respect que je vous dois, si nous continuons ainsi, il ne restera plus rien de ce pays », pouvait-on lire dans le courrier de M. Tsvangirai.

Selon ce dernier, M. Mbeki a fait preuve de mauvaise foi ; en effet, il a été clairement signifié aux négociateurs sud-africains nommés par M. Mbeki que « le MDC n’était plus disposé à participer à quelque initiative que ce soit, sous quelque forme ou dans quelque cadre qu’elle se présente, sous vos auspices [ceux de M. Mbeki] ».

Malgré cela, M. Mbeki a continué à prétendre, au cours des rencontres et face à la presse, qu’il jouissait toujours de la confiance du MDC.

« Il existe un principe universellement accepté selon lequel, dans une médiation entre deux parties, si l’une des parties ne fait pas confiance au médiateur – quels que soient ses qualifications, son niveau de connaissance et son impression de réussite – le médiateur doit se retirer », indiquait le courrier.

« En tant que leader, même si je ne jouis peut-être pas de votre respect en tant que personne, je ne peux que vous demander de respecter le poste qui est le mien, ce poste et cette responsabilité conférés avec l’approbation de la majorité des Zimbabwéens, qui ont voté pour moi ».

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This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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