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« Violation » de l’accord avec les syndicats

Les puissants leaders syndicaux de la Guinée ont déclaré le 22 mai qu’en limogeant récemment le Premier ministre, le président Lansana Conté avait violé la principale disposition d’un accord signé en 2007, mettant fin à deux mois de violentes manifestations contre le gouvernement, qui avaient paralysé le pays.

« Cette mesure est une violation manifeste de l’accord de février 2007 », a déclaré à IRIN Ibrahima Fofana, qui dirige l’Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG).

Selon M. Fofana, aucune des parties prenantes à la composition du gouvernement de transition, en 2007, n’a été consultée.

« Le profil du nouveau Premier ministre ne correspond pas à celui sur lequel nous nous étions mis d’accord en février 2007 », a-t-il ajouté.

A ce jour, les syndicats n’ont pas lancé d’appel à la manifestation nationale.

« Nous devons ouvrir le dialogue avant de commencer à parler d’une grève », a tempéré M. Fofana. « Nous aurons également recours aux moyens juridiques dont nous disposons pour faire en sorte que l’accord soit respecté ».

L’accord entre les syndicats et le gouvernement a été négocié par la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).

La vieille garde dans les coulisses ?

Les syndicats ont qualifié Ahmed Tidiane Souaré, le nouveau Premier ministre, « d’incompétent », observant qu’il figurait sur la liste des politiciens responsables de la mauvaise gestion des ressources publiques ; cette liste avait été dressée à la suite d’un audit de la gestion des deniers publics, réalisé par M. Kouyaté, l’ancien Premier ministre, sur les 10 dernières années.

« M. Souaré a réapparu tout à fait de nulle part », s’est étonné M. Fofana. « Nous ne comprenons pas comment le Président a pu choisir un membre de la veille garde ».

Le 22 mai, date de la brève conférence de presse tenue au domicile de M. Souaré, plusieurs anciens ministres se trouvaient assis aux côtés du nouveau Premier ministre, des circonstances qui laissent envisager la perspective de voir ce dernier accueillir de nouveau, au sein du gouvernement, d’autres anciens ministres, exclus en février 2007.

Parmi les personnes présentes à la conférence de presse se trouvaient notamment deux anciens Premiers ministres : Eugène Camara et Cellou Dalein Diallo.

Les syndicats affaiblis

Bon nombre d’observateurs se demandent néanmoins si les leaders syndicaux sont en mesure de déclencher une nouvelle fois d’importantes manifestations ; en effet, disent-ils, les syndicats sont désormais « factionnalisés », politisés et entachés par leurs associations politiques.

« Peu de Guinéens sont prêts à faire une nouvelle fois confiance aux syndicats, ou disposés à risquer des affrontements meurtriers avec les services de sécurité », a expliqué un analyste à IRIN. « Les gens l’ont déjà fait et n’ont guère vu d’évolution tangible de leurs conditions de vie ».

Le 22 mai, lors d’une journée de réunion entre leaders syndicaux, tenue à Conakry, et au cours de laquelle certains syndicalistes ont dit vouloir lancer des manifestations immédiates, les signes de dissensions internes étaient manifestes.

« Même si les secrétaires généraux des syndicats ne veulent pas faire la grève, nous, les syndicalistes, nous voulons la faire », a noté Sékou N'fally Oularé, membre d’une union syndicale de Kindia, capitale provinciale.

Relations avec les bailleurs de fonds

Les syndicats ont publié une déclaration écrite, le 22 mai, expliquant que la dernière mesure du Président, qui va à l’encontre de l’accord de 2007, « compromettait sérieusement » les relations de la Guinée avec les institutions financières internationales.

La Banque mondiale et le Fonds monétaire international collaborent actuellement avec le gouvernement de consensus guinéen pour annuler jusque deux milliards de dollars de dettes, d’ici à novembre 2008.

La Banque mondiale n’a pas souhaité s’exprimer au sujet de la nomination du nouveau Premier ministre par le président Conté. IRIN a également contacté plusieurs bailleurs bilatéraux, mais ceux-ci ont déclaré qu’ils attendaient encore de voir qui serait nommé au sein du nouveau cabinet.

aj/mc/nr/dh/nh/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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