Une association de défense des droits humains de la République démocratique du Congo (RDC) a révélé que des fosses communes contenant des restes humains avaient été découvertes dans la province du Bas-Congo (Sud-Ouest), où des affrontements ont eu lieu récemment entre les forces de sécurité et des disciples d’une secte religieuse.
« La plus récente de ces fosses communes, qui contient 20 cadavres, a été découverte le 31 mars à Materne, entre les villes de Boma et Matadi », a indiqué à IRIN Amigo Gonde, coordinateur de l’Association africaine des droits de l’Homme (Asadho), une organisation non-gouvernementale (ONG).
« Les deux autres fosses, découvertes plus loin et quelques jours auparavant, contenaient une trentaine de corps ».
Selon M. Gonde, qui a demandé l’ouverture d’une enquête indépendante, une des fosses avait apparemment été ouverte. « La fosse de Materne avait été ouverte par des individus non identifiés et son contenu transféré vers un endroit inconnu, mais des indications laissent penser que les corps se trouvaient bien là », a-t-il affirmé.
Il n’a pas été possible de joindre immédiatement les autorités de la RDC pour recueillir leurs commentaires, mais des travailleurs humanitaires présents dans la région ont indiqué qu’elles étaient au courant de la plainte déposée et qu’elles menaient une enquête.
Selon certains habitants de la région, un médecin, qui travaille dans un centre de santé communautaire et qui a été le premier à découvrir une de ces fosses communes, a été entendu par les autorités locales.
« Justin Mabiala Ma Mabiala – le médecin chef du district sanitaire rural – a été entendu pour avoir divulgué un secret professionnel », selon un communiqué publié par la Voix des sans-voix, une autre association de défense des droits humains.
| « Les deux autres fosses, découvertes plus loin et quelques jours auparavant, contenaient une trentaine de corps » |
D’après les informations recueillies par l’ONG auprès des habitants, ces restes humains seraient ceux de disciples de la secte Bundu Dia Kongo ; des lambeaux de tissu et de drapeaux utilisés par les membres de la secte auraient en effet été retrouvés sur le site.
M. Gonde a dénoncé la répression constante dont sont victimes les membres de la secte, expliquant que les forces de sécurité avaient tenté d’appréhender certains adeptes, qui s’étaient enfuis dans les forêts voisines.
Des dizaines de personnes ont été tuées en février et mars au cours d’affrontements entre la police et des disciples de la secte Bundu Dia Kongo, qui conteste l’autorité de l’Etat. D’après des travailleurs humanitaires, de nombreuses autres personnes ont été blessées ; certaines d’entre elles sont allées se faire soigner dans différents centres de santé de la région.
Les travailleurs humanitaires ont également affirmé qu’ils avaient vu des villages entiers abandonnés et des maisons rasées, et que certains blessés avaient été contraints de fuir les centres de santé. Alors qu’elles prenaient la fuite, certaines victimes de ces violences ont été touchées par des balles perdues.
Ne Mwanda Nsemi, chef spirituel de la secte Bundu Dia Kongo et député à l’Assemblée nationale, a indiqué qu’il engagerait des poursuites judiciaires internationales pour le « massacre » des membres de sa secte.
L’objectif de la secte est l’émancipation de la culture traditionnelle africaine ou congolaise et le rétablissement de l’ancien royaume du Congo. La secte a mis en place des tribunaux pour juger les citoyens qui enfreignent la loi et dispose de sa propre force de police. De temps à autre, ses adeptes descendent le drapeau national pour hisser à la place celui de la secte.
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