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Des réfugiés continuent de fuir le Tchad

Alors que les réfugiés ayant fui N’Djamena, la capitale tchadienne, continuent d’affluer dans les villes frontalières du Cameroun, des milliers d’autres ont commencé à faire la queue aux postes frontières nigérians, selon des responsables locaux et des réfugiés.

À en croire les habitants de N’Djamena toutefois, le flux de réfugiés a diminué, dans l’ensemble, depuis le 4 février, lorsque des informations faisaient état de rues envahies par des habitants qui avaient profité de la trêve observée après deux jours de combats entre l’armée tchadienne et les rebelles pour s’enfuir et traverser le pont du fleuve pour se réfugier au Cameroun voisin.

« La situation s’est vraiment calmée depuis hier », a expliqué à IRIN un de ses correspondants à N’Djamena, au cours d’un entretien téléphonique dans l’après-midi du 5 février. « Les gens continuent de fuir, mais cela n’a rien de comparable avec ce qui s’est passé ces derniers jours ».

Selon les organisations humanitaires dont les équipes sont présentes sur le terrain à Kousseri, la ville camerounaise la plus proche de N’Djamena, le 5 février, de nombreux habitants de N’Djamena continuaient encore de traverser le pont pour se rendre dans la ville frontalière camerounaise de Kousseri.

« D’après les informations qui nous sont rapportées, la situation à Kousseri est très confuse, des réfugiés arrivent à pied, en voiture et à bicyclette », a expliqué Paul Sitnam, chargé des affaires humanitaires à World Vision, une organisation non-gouvernementale (ONG) présente à Kousseri et à N'Djamena.

Bien que le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) affirme que seuls 20 000 réfugiés ont été enregistrés au Cameroun jusqu’ici, certaines organisations humanitaires internationales soulignent qu’elles ont envoyé en urgence des équipes et une aide humanitaire au Cameroun pour faire face à un afflux de réfugiés tchadiens que certaines d’entre elles évaluent entre 300 000 et 500 000 à Kousseri – soit près de la moitié de la population de N’Djamena.

Dans un communiqué, le HCR a indiqué que du matériel humanitaire destiné à subvenir aux besoins de quelque 14 000 réfugiés commencerait à arriver à Kousseri à la fin de la semaine et que les réfugiés étaient actuellement transférés de la frontière vers un site plus grand pouvant accueillir 100 000 personnes.

Le 4 février, d’autres réfugiés, en majorité des femmes, des enfants et des personnes âgées, commençaient également à arriver à la frontière tchado-nigériane, à Fotokol, une ville située au nord-ouest de N’Djamena, et de nouvelles arrivées ont été signalées le 5 février.

« Nous avons profité de la trêve observée dans les combats à N’Djamena pour quitter la ville hier à huit heures car nous craignons que les combats ne reprennent d’un moment à l’autre, puisque les rebelles ont affirmé qu’ils n’opéraient qu’un repli tactique dans les faubourgs de la capitale pour revoir leur stratégie », a expliqué Ismail Hamissou, réfugié à Fokotol avec sa femme et sa mère de 62 ans, lors d’un entretien téléphonique avec le correspondant d’IRIN à Kano (Nigeria).

« Nous avons marché jusqu’à Kusuri, où nous avons passé la nuit avant d’arriver ici ce matin. Nous nous sommes déclarés au service de l’immigration en espérant qu’on nous trouve un endroit où loger jusqu’à la fin de la guerre », a dit M. Hamissou.

Madou Moussa, adjoint au responsable du service de l’immigration de l’Etat de Borno, où se situe la ville de Fokotol, a indiqué à IRIN que plus de 3 500 réfugiés tchadiens étaient arrivés au poste frontière.

« Pour des raisons humanitaires, nous ne pouvons renvoyer ces gens. Nous leur demandons seulement de nous indiquer leur nationalité pour savoir à qui nous avons affaire », a expliqué M. Moussa.

« Nous avons pris des dispositions pour accueillir entre 5 000 et 10 000 réfugiés parce qu’ils continuent d’arriver et que nous savons qu’il nous faudra prendre en charge un nombre plus important de réfugiés dans les prochains jours », a confié à IRIN Ramat Ladi Osman, agent de liaison de l’Etat de Borno à la Commission nationale des réfugiés (NCR).

Certains réfugiés ont expliqué qu’en quittant précipitamment N’Djamena pour échapper aux violences, ils avaient laissé derrière eux tous leurs biens.

« Je remercie Dieu de m’avoir permis de sortir vivant de N’Djamena, même si j’ai perdu tout ce que j’ai difficilement acquis en 23 ans », a expliqué Ahmed Idriss, réfugié dans le nord du Nigeria, lors d’un entretien téléphonique avec IRIN.

« Imaginez ce que c’est que vivre ces jours-ci au milieu des combats de rue, pendant que les forces gouvernementales effectuent des raids aériens sur les positions des rebelles et que ces derniers ripostent avec des tirs d’artillerie. Alors que je fuyais, j’ai eu des frissons en apercevant des cadavres en décomposition dans les rues de N’Djamena », s’est souvenu M. Idriss, dont le magasin de tissus a été pillé et incendié.

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This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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