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Défis de la réinsertion sociale des ex-enfants soldats

Des milliers d’ex-enfants soldats népalais sont retournés dans leurs communautés au cours de l’année 2006, mais leur réintégration pose d’énormes problèmes, ont indiqué des organisations non-gouvernementales (ONG) locales.

« Il nous faut travailler davantage au niveau des structures communautaires pour que les ex-enfants soldats associés aux forces et groupes armés (CAAFAG) soient traités comme des enfants, qu’ils soient encouragés à retourner à l’école afin de ne pas être perçus comme un poids pour la société », a indiqué Iswari Prasad Biswokarma de Dalit Welfare Organisation (DWO).

L’ONG DWO travaille à la réinsertion et à la réhabilitation de ces enfants à Guleriya, un village du district de Bardiya, à quelque 700 kilomètres au sud-est de Katmandou, la capitale.

Au Népal, les CAAFAG regroupent des enfants soldats et des enfants associés à la rébellion armée maoïste ou aux forces gouvernementales. Ces enfants étaient utilisés comme porteurs, coursiers, espions ou soutiens logistiques et participaient aux programmes culturels et d’endoctrinement, selon le groupe de travail des CAAFAG, une association d’agences des Nations Unies présentes dans le pays et d’ONG internationales et locales.

Agés entre 9 et 18, ces enfants avaient d’abord été engagés dans l’ex-rébellion maoïste comme artistes, puis comme agents politiques, avant de finir plus tard dans l’Armée de libération populaire (ALP) du mouvement maoïste, selon les responsables des ONG.

D’après le groupe de travail des CAAFAG, bon nombre de ces enfants ont été torturés pour les contraindre à collaborer avec les forces gouvernementales.

Des craintes

« Aujourd’hui encore, beaucoup d’enfants craignent le retour de la guerre et ont constamment peur d’être torturés et enlevés par les rebelles maoïstes et les forces gouvernementales », a expliqué un agent de réinsertion sociale du village de Shivapur, à 30 kilomètres de Guleriya, qui a requis l’anonymat.

« Je ne sais pas si ma communauté nous acceptera facilement car elle continue de haïr les Maoïstes », a expliqué une jeune élève de 15 ans qui a participé aux programmes culturels des Maoïstes.

Sous le couvert de l’anonymat, la jeune fille a, de son village de Bagna, raconté à IRIN que bon nombre de ses amis étaient encore chez les Maoïstes et se trouvaient sur le site de cantonnement des maoïstes placé sous le contrôle des Nations Unies à Bardiya.

Des programmes de réinsertion efficaces


Photo: Naresh Newar/IRIN
Des travailleurs sociaux sensibilisent les communautés locales afin qu'elles aident les ex-enfants soldats
Selon les activistes du groupe de travail des CAAFAG, il faudrait déployer davantage d’efforts pour promouvoir le retour de ces enfants dans leurs communautés : « Les programmes de réinsertion doivent inclure des formations scolaire et professionnelle ainsi qu’un soutien psychosocial. Cela pourrait inciter d’autres enfants à retourner chez eux », a expliqué Tilak Bahadur Sunuwar de l’ONG DWO.

Avec l’aide d’agences comme International Rescue Committee (IRC), le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et Save the Children-Norvège (SCF-N), l’ONG DWO a réussi à réintégrer 147 ex-enfants soldats.

« Le rôle le plus déterminant est joué par les communautés locales, mais il faut qu’elles soient plus conscientes de la nécessité d’aider les ex-enfants soldats à se réinscrire à l’école, à leur faire suivre une formation professionnelle et à leur assurer un meilleur avenir », a dit M. Biswokarma.

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This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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