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La conférence d'Annapolis se penche sur des problèmes complexes

Après la conférence internationale d’Annapolis, une ville de l’Etat du Maryland, aux Etats-Unis, analystes et politiciens des deux camps énumèrent quelques uns des problèmes majeurs qui feront l’objet de négociations entre Israéliens et Palestiniens.

Les réfugiés

Actuellement, plus de 4,4 millions de réfugiés palestiniens ont été recensés ; il s’agit de Palestiniens ayant fui la Palestine pendant la guerre arabo-israélienne de 1948 et de leurs descendants. C’est le sujet le plus sensible d’autant qu’une majorité de Palestiniens souhaitent que leur soit reconnu un droit au retour sur ce qui est désormais le territoire de l’Etat d’Israël, alors que seul un faible pourcentage d'Israéliens juifs est favorable à cette idée.

Récemment, le groupe d’Aix, un groupe de travail constitué d’experts israéliens, palestiniens et internationaux travaillant sur le volet économique du processus de paix israélo-palestinien, a suggéré qu’une enveloppe de 55 à 85 milliards de dollars américains et le droit au retour des réfugiés palestiniens dans le nouvel Etat de la Palestine pourraient permettre de résoudre la crise et satisferaient les deux camps, bien que certains sondages montrent que la plupart des Palestiniens ne se satisferont pas de cette contribution financière.

Statut de Jérusalem

Une ville culturelle, religieuse et historique que les deux camps revendiquent comme capitale. Si la communauté internationale est plutôt favorable à une partition de la ville, avec Jérusalem Est sous contrôle palestinien et Jérusalem Ouest sous contrôle israélien, la présence des colonies israéliennes dans les territoires occupées en 1967 constitue encore un problème.

De même, les deux camps veulent exercer seul une souveraineté sur certains sites religieux, en notamment sur l’esplanade des Mosquées (Haram al-Sharif) que les Juifs appellent le Mont du Temple.

Plusieurs propositions ont été faites pour tenter de définir un statut la ville de Jérusalem : ville unifiée, ville ouverte, ville divisée et ville semi-ouverte, avec un certain degré de souveraineté accordé à chaque partie.

De même, des centaines de milliers de Palestiniens de Jérusalem Est ont été contraints d’adopter la nationalité israélienne et sont désormais intégrés à la main d’œuvre et au système de couverture sociale de l’Etat d’Israël. Bon nombre d’entre eux ne souhaiteraient pas perdre leurs emplois et leurs avantages sociaux.


Photo: Tom Spender/IRIN
La barrière israélienne continue de s'étendre en Cisjordanie, et les Palestiniens craignent qu’à long terme, cette barrière ne matérialise de facto la frontière entre les deux Etats
Frontières

L’ébauche de la solution de deux Etats distincts, comme règlement au conflit israélo-palestinien, s’articule généralement autour des lignes de démarcation de l’armistice de 1949 ; ce qui reviendrait à laisser aux Israéliens le territoire qu’ils occupaient entre 1949 et 1967 et à placer la Cisjordanie et la Bande de Gaza sous souveraineté palestinienne.

Néanmoins, l’opinion publique israélienne est plutôt favorable au maintien de bon nombre de grandes colonies juives de Cisjordanie sous le contrôle d’Israël, tandis que les Palestiniens affirment qu’au plus ils seraient prêts à procéder à des échanges de terre pour satisfaire cette exigence.
Par ailleurs, avec l’extension de la barrière israélienne dans la Cisjordanie, les Palestiniens craignent qu’à long terme, cette barrière ne matérialise de facto la frontière entre les deux Etats, même si les autorités israéliennes écartent cette éventualité en affirmant que la barrière peut être supprimée.

L’expérience peu concluante de l’évacuation des colonies de Gaza, en 2005, peut rendre assez complexes les futures évacuations de colonies.

Sécurité

Israéliens et Palestiniens veulent des garanties pour leur sécurité après la signature d’un accord de paix définitif. Les Israéliens exigent que les militants palestiniens cessent toute activité et que l’Autorité palestinienne fasse régner la loi et l’ordre sur l’ensemble des territoires qu’elle contrôle.


Photo: Tom Spender/IRIN
Les forces de sécurité fidèles au Fatah n'ont pas pu empêcher le mouvement du Hamas de prendre le contrôle de Gaza
Quant aux Palestiniens, ils veulent avoir la garantie que le nouvel Etat ne se sera pas sous le contrôle d’Israël – qui pourrait par exemple avoir un droit de regard sur le franchissement de leurs frontières, l’accès à la mer et à l’espace aérien, ou que l’armée israélienne ne mènera pas des incursions à l’intérieur du territoire du nouvel Etat.

Les attaques contre le territoire d’Israël et les violentes représailles ou opérations préventives de l’armée israélienne pourraient nuire à tout futur accord de paix.

Enfin, Gaza est actuellement sous le contrôle du mouvement islamiste du Hamas qui n’a pas pris part aux négociations. Pour qu’un accord de paix définitif puisse être appliqué, tous les territoires palestiniens devront être reliés et placés sous une seule et même autorité.

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