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Des migrants africains tentent leur chance en Arabie saoudite

ZamZam Ibrahim Hassan, une réfugiée somalienne de 26 ans, a été expulsée vers la Somalie il y a 16 mois par les autorités saoudiennes, alors qu’elle tentait de rentrer en Arabie Saoudite par le Yémen. Il y a neuf mois, elle est de nouveau retournée au Yémen par bateau, depuis la Somalie.

« J’ai travaillé en tant que femme de ménage dans une maison de la province d’Al-Baidha [au sud-ouest du Yémen] pendant trois mois et j’ai pu économiser 30 000 riyals [150 dollars]. J’ai entendu des amis dire qu’ils étaient sur le point de partir pour l’Arabie Saoudite. J’ai décidé de les suivre et j’ai donné toutes mes économies aux passeurs qui étaient tous Yéménites. Lorsque nous avons atteint la frontière et que la nuit est tombée, ils nous ont laissé », a-t-elle raconté.

Il y avait deux autres Somaliens avec elle, a-t-elle poursuivi. « Nous avons décidé de continuer notre voyage [vers l’Arabie Saoudite] bien que nous ne connaissions absolument pas la région ; nous nous sommes perdus et nous avons marché pendant 25 jours. Nous avons fait de mauvaises rencontres sur notre route, des gens qui ont voulu me violer, mais nous avons réussi à leur échapper ».

« Nous avons prié jour et nuit, et finalement nous sommes tombés sur les policiers saoudiens. Ils nous ont emmené dans un grand centre de détention qui se trouvait dans une autre ville. Nous sommes restés là durant trois mois, jusqu’à ce que nous soyons 160 Africains dans ce centre. Et là, les autorités saoudiennes nous ont expulsés vers la Somalie », a-t-elle ajouté.


Photo: Muhammad al-Jabri/IRIN
ZamZam Hassan dit avoir rencontré de grosses difficultés lorsqu'elle cherchait à partir travailler en Arabie saoudite

Selon les leaders somaliens au Yémen, de nombreux africains émigrent vers ce pays pétrolier riche qu’est l’Arabie Saoudite afin de trouver une meilleure qualité de vie. Mais la plupart des femmes africaines ne trouvent que des emplois illégaux en tant que femmes de ménage dans les demeures saoudiennes.

Mohammed Deriah, un représentant des réfugiés somaliens à Al-Basateen, une banlieue pauvre de la ville portuaire méridionale d’Aden, a affirmé à IRIN que chaque jour, près de 40 réfugiés Somaliens entraient clandestinement en Arabie Saoudite depuis Aden.

« La plupart de ces gens en sont à leur première tentative. Ils ont reçu de l’argent de leur famille [installée] dans d’autres pays, ils viennent de Somalie avec un peu d’argent et décident de poursuivre leur route jusqu’en Arabie Saoudite », a-t-il dit, tout en ajoutant que le voyage pour l’Arabie Saoudite revenait entre 1 000 et 1 500 riyals [270 et 401 dollars].

Sadat Mohammed, chargé des affaires humanitaires au sein de la communauté somalienne de Sanaa, la capitale du Yémen, estime qu’entre 5 000 et 6 000 Somaliens (enfants inclus) ont essayé de pénétrer depuis septembre en Arabie Saoudite via le Yémen.

Selon le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), durant l’année 2007, plus de 20 000 migrants africains ont traversé le golfe d’Aden en bateau.

Un voyage périlleux

Il existe trois points de passage principaux qui permettent aux clandestins africains de rentrer en Arabie Saoudite : Sanaa, Aden et Al-Hosoun, dans la province orientale de Mared.

La ville frontière de Haradh, dans la province du Hajjah, est le principal point de passage par lequel les passeurs atteignent les villes saoudiennes. Les autres prennent la route de Haradh.


Photo: Muhammad al-Jabri/IRIN
Ridwan Hersi, conseiller culturel de l'ambassade de Somalie au Yémen

Selon M. Mohammed, les passeurs se jouent la plupart du temps des personnes qui veulent passer la frontière. « Ils leur demandent de payer pour des frais de voyage à l’avance pour ensuite les abandonner dans la province au sud-ouest de Al-Hudeida », a-t-il dit.

Ridwan Hersi, conseiller culturel de l’ambassade de Somalie à Sanaa, a déclaré à IRIN : « Nous gardons contact avec la communauté somalienne ici au Yémen, et nous les avertissons le plus largement possible des dangers de ces voyages clandestins. Nous avons aussi contacté la section somalienne de la BBC afin d’informer les gens sur ce phénomène ».

Pourtant, les autorités yéménites n’arrêtent que très peu de passeurs ou de migrants africains à Haradh. Ali Tamalah, qui dirige la sécurité de Hajjah, a déclaré qu’ils arrêtaient deux ou trois clandestins par mois.

« Si nous les arrêtons [les clandestins], nous les envoyons devant les services de l’immigration à Sanaa. Si nous arrêtons des passeurs, nous les déférons devant un tribunal », a-t-il déclaré.

maj/ar/mw/sm/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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