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La Niña : le pire est à venir, préviennent les climatologues

L’Afrique orientale pourrait faire face à des conditions climatiques sèches au début de l’année prochaine, les pluies saisonnières risquant d’être retardées par les effets d’un phénomène climatique du nom de La Niña, selon plusieurs climatologues.

« La deuxième saison des pluies commence maintenant pour la Corne de l’Afrique et l’Afrique orientale – nous prévoyons des pluies quasi normales sur une grande partie de la Grande Corne de l’Afrique », a indiqué Bwango Apuuli, directeur adjoint du Centre d’applications et de prévisions climatiques de Nairobi (ICPAC), dirigé par l’Autorité intergouvernementale sur le développement (IGAD), le regroupement régional.

« L’on craint que La Niña n’ait un impact différé sur la saison des pluies qui commence en mars 2008 ; le pire est peut-être à venir. Les services météorologiques et hydrologiques nationaux de la région communiqueront des informations actualisées de manière régulière à mesure que le phénomène se développera », a poursuivi M. Apuuli.

La Niña se caractérise par des températures océaniques anormalement basses dans l’océan Pacifique équatorial oriental, enregistrées tous les trois ou quatre ans, qui entraînent un effet de vague ressenti partout dans le monde ; cet effet de vague augmente le taux d’humidité dans les régions humides et la sécheresse dans les régions arides.

El Niño, au contraire, se caractérise par des températures océaniques anormalement élevées dans le Pacifique équatorial. Le système climatique oscille entre les conditions climatiques associées à El Niño (chaleur) et celles associées à La Niña (neutre ou froid) tous les trois ou quatre ans en moyenne.

Les deux phénomènes résultent d’une interaction entre la surface de l’océan et l’atmosphère dans l’océan Pacifique tropical, selon l’Administration océanique et atmosphérique nationale du gouvernement américain. « Les changements qui s’opèrent dans l’océan ont un impact sur l’atmosphère et les situations météorologiques dans le monde. A leur tour, les changements qui s’opèrent dans l’atmosphère ont des répercussions sur la température des océans et les courants ».

La Niña a déjà entraîné des pluies parmi les plus largement répandues observées en Afrique depuis le début des années 1900, selon Omar Baddour, directeur du Programme mondial des données climatologiques et de surveillance du climat de l’Organisation météorologique mondiale des Nations Unies (OMM).

« L’on craint que La Niña n’ait un impact différé sur la saison des pluies qui commence en mars 2008 ; le pire est peut-être à venir ».
Plus d’un million de personnes ont été touchées par les inondations qui ont eu lieu dans plus de 20 pays d’Afrique, en arc de cercle sur l’ensemble de l’Afrique subsaharienne de la Mauritanie au Kenya. L’impact de La Niña dure habituellement entre neuf et 12 mois ; il est prévu qu’il atteigne son paroxysme en décembre 2007/janvier 2008.

Selon M. Baddour, le phénomène La Niña va généralement de pair avec des pluies anormalement abondantes au Sahel, mais la ceinture des pluies a été élargie cette année par les températures plus douces enregistrées dans l’océan Indien. En revanche, « dans les pays d’Afrique de l’Est, particulièrement au Kenya, en Somalie et dans certaines régions de Tanzanie et d’Ouganda, La Niña pourrait influer sur la brève saison des pluies d’octobre-novembre-décembre, de sorte que les précipitations pourraient être moins abondantes que la moyenne ».

Changement climatique

Selon M. Apuuli, les répercussions de La Niña sont plus marquées qu’à sa dernière apparition, enregistrée en 2005/06 en Afrique, et bien qu’il soit difficile de tout mettre sur le compte du réchauffement climatique, « il y a des liens ».

Quant à M. Baddour de l’OMM, qui étudie l’impact de ce phénomène sur l’Afrique occidentale depuis les années 1990, il affirme qu’il « n’y a pas de tendance significative d’un point de vue statistique dans la force de La Niña elle-même en tant que phénomène océanique ».

« Les scientifiques prévoient que le réchauffement de la planète pourrait augmenter l’incidence et l’intensité des événements climatiques extrêmes. En d’autres termes, le réchauffement de la planète pourrait intensifier/amplifier la variabilité naturelle actuelle du climat et les phénomènes climatiques qui lui sont associés ».

Les inondations ont touché de très vastes régions sur tout le continent mais, en termes d’intensité, ces derniers temps, d’autres « inondations dévastatrices » ont été signalées au Mozambique en février 2000, au Sahel, pendant les crues estivales de 1998 et 1999, et de nouveau en 2005, dans la région ouest du Sahel, notamment au Sénégal, a rapporté M. Baddour.

« Réunis, ces événements représentent les inondations les plus dévastatrices enregistrées en Afrique subsaharienne depuis de nombreuses décennies ».

jk/he/nh/ads


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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