Pendant que les querelles continuent d’agiter la classe politique en Côte d’Ivoire, des enfants meurent faute de soins et d’accès aux services de base, ou sont victimes d’agressions sexuelles jamais sanctionnées par la loi.
Le Secrétaire général des Nations Unies (ONU), Ban Ki-moon, a d’ailleurs invité les autorités ivoiriennes à mettre en place des programmes de protection des enfants dont le bien-être, a-t-il expliqué, était menacé tant que le conflit se prolongeait.
Un rapport des Nations Unies relatif à ce sujet a été publié le 30 août, quelques jours avant l’arrivée en Côte d’Ivoire d’une mission conduite par la représentante spéciale de l’ONU pour les enfants et les conflits. Cette mission a séjourné en Côte d’Ivoire du 4 au 7 septembre.
Alors que le pays retrouve progressivement sa stabilité, après cinq années de rébellion armée, l’ONU exhorte les acteurs politiques à accorder une plus grande attention aux besoins des enfants.
« Bon nombre d’enfants sont décédés à cause de la grave détérioration des services de santé dans la plupart des régions du pays…. Finalement, la résolution opportune du conflit est très importante en ce sens qu’elle assure aussi le bien-être des enfants [en Côte d’Ivoire] », a souligné M. Ban dans le rapport.
Si les agressions sexuelles sur les mineurs – et sur les filles en particulier – ont diminué par rapport aux années 2002 et 2004 – les périodes d’intenses combats entre les protagonistes de la crise ivoirienne -, elles se produisent encore « à une fréquence alarmante », indique le rapport, qui note une recrudescence des viols sur mineurs pendant la période d’octobre 2006 à septembre 2007.
« Je suis profondément préoccupé par la culture de l’impunité qui prévaut lorsqu’il s’agit de violence envers les enfants », a déploré M. Ban, ajoutant qu’il « faudrait plus d’engagement et plus d’effort de la part de l’Etat pour mettre fin à cette situation ».
Toujours selon le rapport, même si le nombre de morts d’enfants liées au conflit est en baisse, des enfants continuent de mourir des conséquences directes de la grande insécurité qui règne dans le pays et de l’absence d’ordre public et d’institutions. ».
Le gouvernement promet de faire plus
Au terme de sa visite, Radhika Coomaraswamy a tenu un point de presse le 7 septembre à Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire, et a fait part de l’engagement des autorités ivoiriennes à améliorer les conditions de vie des enfants.
Mme Coomaraswamy a affirmé que le gouvernement s’était engagé à créer une commission interministérielle pour garantir la protection des enfants, et a indiqué que des négociations étaient en cours en vue d’entamer une réforme du système judiciaire adaptée aux besoins des enfants.
La mission de l’ONU s’est également félicitée des progrès réalisés en Côte d’Ivoire, en soulignant notamment la mise en œuvre de plan d’action en faveur des enfants soldats et l’arrêt du recrutement des enfants.
Ainsi, Mme Coomaraswamy a fait observer qu’aucun recrutement d’enfants soldats n’avait eu lieu l’année dernière en Côte d’Ivoire.
« Il s’agit maintenant d’assurer la réintégration et le suivi des enfants au sein de leurs communautés », a-t-elle ajouté.
Même si le conflit ivoirien n’a pas produit des masses d’enfants soldats, contrairement aux autres guerres qui ont sévi dans la région, plusieurs centaines d’enfants ont été recrutés par les groupes armées - rebelles et milices pro-gouvernementales -, ont souligné des représentants des Nations Unies.
L’ONU ne dispose pas du nombre officiel d’enfants employés au sein des groupes armés, a affirmé à IRIN Sie Kambou, chargé de la protection des enfants au Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF).
L’UNICEF envisage de se rendre à Bouaké au début du mois d’octobre pour rencontrer les ex-rebelles pour déterminer le nombre d’enfants soldats et apporter une aide aux nécessiteux, a-t-il précisé.
Près de 1 300 de ces enfants ont déjà été pris en charge par l’UNICEF, a indiqué M. Kambou.
Mme Coomaraswamy a conclu sa visite en indiquant qu’elle présentera les conclusions de sa visite au groupe de travail du Conseil de sécurité sur les enfants et conflits armés en marge de la session du 18 septembre 2007 consacrée à l’examen de l’évolution de la situation en Côte d’Ivoire.
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