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Une crue éclair fait des milliers de déplacés

Des milliers de Mauritaniens ont été contraints de quitter leur domicile par les inondations survenues dans la ville de Tintane (sud-est), où le niveau des eaux a atteint deux mètres à certains endroits.

Deux personnes sont décédées et l’on craint que 25 autres, portées disparues, ne se soient noyées, a expliqué à IRIN Nicole Jacquet, directrice adjointe de la section mauritanienne du Programme alimentaire mondial (PAM), le 9 août.

« Lorsque la pluie tombe des collines, il n’y a rien pour l’arrêter. Pas d’arbre, rien », a rapporté Mme Jacquet en allusion à Tintane, une ville sahélienne située dans une vallée, au pied de la chaîne de montagnes El-Aguer, dans la région du Hodh El-Gharbi, en Mauritanie.

« Elle tombe très très brusquement et très drue, et s’infiltre dans ces basses terres », a-t-elle poursuivi.

Selon Mme Jacquet, la ville a reçu 81,5 millimètres de précipitations en l’espace de 24 heures, à compter du 7 août ; personne dans la région ne se rappelle avoir jamais vu plus abondantes précipitations.

Plusieurs études avaient montré que de fortes chutes de pluie pouvaient provoquer des inondations dans cette région, a-t-elle souligné ; toutefois un tel déluge était inattendu.

« C’est incroyable de voir autant de précipitations en un jour dans ce pays », a déclaré Mme Jacquet. A la fin du mois de juillet, le président mauritanien Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, craignant que la sécheresse ne s’abatte sur le pays, avait appelé les dignitaires religieux à prier pour qu’il pleuve.

Qui prête main-forte aux populations ?

Pour participer aux opérations de secours d’urgence, les autorités locales et régionales, le PAM ainsi que d’autres organisations fournissent des bateaux et des camions permettant de transporter les populations sur la terre ferme. Les centres temporaires continuent d’accueillir de nombreuses personnes, venues y chercher refuge, a expliqué Mme Jacquet.

Selon elle, le PAM se chargera de fournir de la nourriture à pas moins de 2 000 familles déplacées, qui dorment actuellement sur des matelas dans trois écoles et centres publics. Près des deux tiers de la population de la ville, qui compte quelque 15 000 habitants, ont été touchés ; la plupart vivaient aux alentours du marché central, qui abritait les négociants et les marchands.

Les autorités mauritaniennes ont déjà fourni des provisions alimentaires d’urgence aux populations isolées.

A Tintane, les cases en terre battue se sont effondrées sous l’effet des fortes pluies, a indiqué Mme Jacquet. Selon la presse locale, les pluies ont également détruit un barrage et déraciné plus de 1 000 palmiers dattiers. Le 9 août, la pluie ayant faibli, les populations, en file indienne le long des chemins de terre sèche, reprenaient le chemin de leur domicile pour tenter de récupérer leurs biens.

Problèmes logistiques

Le président Abdallahi s’est rendu à Tintane le 9 août pour y rencontrer des ministres du gouvernement et des travailleurs humanitaires afin de déterminer la stratégie à adopter pour faire face à la crue.

La quasi-totalité des logements de la ville ont été endommagés et ne sont plus habitables, a-t-il déclaré à la presse.

L’entrepôt alimentaire du PAM à Tintane a lui aussi été inondé, selon Mme Jacquet ; l’organisation devra donc faire venir des denrées alimentaires des entrepôts des villes voisines d’Aioun ou de Kiffa.

A l’en croire, l’eau ne disparaîtra sans doute pas rapidement, le sol de la région étant imperméable. Il pourrait se passer deux ou trois mois avant que les familles puissent retrouver ce qu’il reste de leurs maisons et, en attendant, elles sont particulièrement exposées aux maladies hydriques telles que le choléra, a-t-elle indiqué.

ha/dh/nh/ads


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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