Les milliers de Tchadiens qui ont fui leur pays et franchi la frontière pour s’installer dans la région du Darfour occidental, au Soudan, devraient bénéficier du statut de réfugié, ont fait savoir deux agences humanitaires.
Selon les recommandations du Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et de la Commission soudanaise pour les réfugiés (COR), ce statut devrait être accordé à l’ensemble du groupe, et non pas au cas par cas, mais pas aux combattants actifs ou aux ex-combattants.
Depuis le début de l’année, environ 30 000 personnes ont fui le Tchad par vagues successives pour se réfugier au Darfour, ont indiqué les agences. La plupart des nouveaux arrivants étaient de membres de communautés arabes nomades et semi-nomades, et quelques non-arabes.
Les deux tiers des réfugiés sont entrés dans l’Etat du Darfour occidental par la ville de Foro Baranga, située à 200 kilomètres au sud d’El Geneina, la capitale de l’Etat.
« Le fait est que des nomades du Tchad et du Darfour appartenant à des [communautés] arabes ou semi-arabes se retrouvent pris au piège dans ce conflit et en souffrent également », a indiqué Chrysantus Ache, le représentant du HCR au Soudan.
« En conséquence, ils ont également droit à la protection du HCR ».
Les familles interrogées par les équipes mixtes du HCR et du COR ont affirmé qu’elles avaient fui le Tchad à la suite des perquisitions menées à leurs domiciles par des groupes d’hommes armés, vêtus d’uniformes militaires ; ceux-ci étaient à la recherche d’armes et avaient accusé les villageois de soutenir ou de participer aux opérations des milices.
Ces perquisitions se sont souvent terminées dans la violence, certains rapports ayant même fait état de pillages, de brutalités, de meurtres et, dans certains cas, de viols.
« La plupart des personnes interrogées ont dit clairement qu’elles ne voulaient pas retourner au Tchad en raison de la l’insécurité », a déclaré Jennifer Pagonis, la porte-parole du HCR.
Selon les deux agences, ces Tchadiens remplissent les conditions d’éligibilité stipulées dans les articles de la Convention de l’OUA de 1960, régissant les aspects propres aux problèmes des réfugiés en Afrique, et dans le « Regulation of Asylum Act » du Soudan de 1974.
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