Les chefs rebelles du Darfour ont conclu la conférence d’Arusha, en Tanzanie, en prenant l’engagement d’autoriser le libre accès des humanitaires aux populations affectées par le conflit dans la région occidentale du Soudan.
Les chefs rebelles se sont par ailleurs engagés à mettre fin aux attaques contre les organisations humanitaires et les forces de maintien de la paix de l’Union Africaine (UA) déployées dans cette région volatile, selon le communiqué final publié le 6 août, à l’issue des quatre jours de pourparlers.
La conférence, dont l’objectif était d’unifier les différentes factions rebelles, a permis de réunir les principaux chefs rebelles qui ont adopté une plateforme commune de revendications sur le partage du pouvoir et des richesses, les arrangements sécuritaires, les problèmes liés à la terre et aux questions humanitaires.
Cette plateforme sera évoquée lors des pourparlers avec le gouvernement soudanais, qui devraient avoir lieu dans les deux à trois prochains mois sous la médiation de l’Union Africaine et des Nations Unies.
Convoquée à l’initiative de Salim Ahmed, l’envoyé spécial de l’Union Africaine pour le Darfour et de Jan Eliasson, son homologue des Nations Unies, la conférence d’Arusha a toutefois été marquée par l’absence d’Abdel Wahid Mohammed Nur, un des plus influents dirigeants d’une faction du Mouvement/Armée de libération du Soudan (SLM/A) qui avait décidé de boycotter la conférence.
Suleiman Jamous, un autre dirigeant influent des mouvements rebelles du Darfour, était également absent à la conférence. En effet, M. Jamous est confiné depuis 13 mois dans un hôpital de Kordofan, et le gouvernement a indiqué qu’il serait arrêté s’il tentait de quitter la ville.
« Je regrette que notre frère Abdul Wahid el Nur ne soit pas ici avec nous », a déclaré M. Salim. « Mais c’est son choix. J’espère que dans l’intérêt de la population pour laquelle il se bat, il rejoindra bientôt ses frères et sœurs du Darfour afin de trouver rapidement un règlement politique du conflit au Darfour. Il ne peut y avoir de solution militaire à la crise du Darfour », a-t-il ajouté.
La conférence a convenu que ceux qui étaient invités mais qui étaient absents aux pourparlers pourraient approuver et adopter la plateforme commune.
Les groupes rebelles participant à la conférence ont également dit qu’ils étaient prêts « à respecter une cessation complète des hostilités, à partir du moment où toutes les autres parties prennent les mêmes engagements », a indiqué le communiqué.
Ils ont salué le vote de la résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies autorisant le déploiement d’une importante mission de maintien de la paix au Darfour et ont pris l’engagement de coopérer pleinement pour la mise en place de la force hybride des Nations Unies et de l'Union Africaine.
Photo: Derk Segaar/IRIN ![]() |
| Les chefs rebelles se sont engagés à cesser toute attaque contre les organisations humanitaires et les forces de maintien de la paix de l’Union Africaine dans le Darfour. |
Le conflit du Darfour a éclaté lorsque des rebelles, principalement non-arabes, ont pris les armes au début de l’année 2003, accusant le gouvernement central de marginaliser leur région. Ce conflit a fait près de 200 000 morts et plus de deux millions de déplacés.
Le gouvernement de Khartoum a très souvent été accusé de pratiquer la politique de la terre brûlée au Darfour en armant des milices arabes – Janjawid - pour commettre des exactions contre les populations civiles.
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