Des milliers de Congolais expulsés d’Angola depuis le début du mois de juillet ont perdu tous leurs biens et n’ont reçu aucune aide, selon des organisations non gouvernementales (ONG). Ils sont pour l’instant installés dans des villages situés le long de la frontière entre la République démocratique du Congo (RDC) et l’Angola.
« Ils dorment dans la rue et ont été dépouillés de leurs biens à la frontière par l’armée congolaise. Ils ne reçoivent aucune aide, ni du gouvernement ni des organisations humanitaires », a expliqué Albert Fwamba, président de la Ligue nationale paysanne des droits de l’homme, une ONG à Tshikapa, dans la province du Kasaï-Occidental.
Selon Robert Kulusifu, l’administrateur de Tshikapa, plus de 13 000 Congolais expulsés de l’Angola sont entrés dans le pays par trois villages différents de la région - Kawakala, Kamako et Kabungu.
« Deux femmes ont accouché à la frontière, sans assistance médicale », a raconté M. Kulusifu. « Nous ne pouvons pas les aider et nous sommes inquiets pour elles, car elles sont exposées à certaines maladies telles que le paludisme ».
La plupart des personnes expulsées d’Angola ont parcouru plusieurs centaines de kilomètres à pied, selon M. Kulusifu.
Consciente de la situation, la communauté humanitaire est en train de préparer une mission visant à fournir du matériel sanitaire et une assistance médicale aux populations expulsées, selon Eusebe Hounsokou, un représentant du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).
« Nous essayons de déterminer si des réfugiés congolais déclarés en Angola se trouvent parmi les personnes expulsées. S’il y en a, ils sont très peu nombreux », a-t-il déclaré.
Selon Joao-Baptista Mawete, l’ambassadeur de l’Angola, les personnes expulsées se livraient à l’exploitation illégale de mines angolaises.
« Cette mesure ne concerne pas seulement les Congolais ; elle s’applique aussi à tout étranger vivant clandestinement dans la région », a-t-il précisé.
Aucune preuve concrète ne permet de déterminer le nombre de personnes concernées. Radio Okapi, qui diffuse des programmes pour la MONUC, la mission des Nations Unies en RDC, a rapporté que plus de 25 000 personnes avaient été expulsées.
ei/re/mw/nh/ail
This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions