Les Nations Unies ont réitéré leur appel en faveur de la protection des réfugiés palestiniens en Irak, après le meurtre d’un réfugié et l’arrestation de plusieurs dizaines d’autres par les forces de sécurité irakiennes.
Ces incidents, qui frappent la communauté des réfugiés palestiniens à Bagdad, la capitale irakienne, ont contraint de nombreuses familles palestiniennes à fuir la ville en direction de la frontière irako-syrienne.
« Un palestinien, [qui travaillait] comme garde dans une mosquée, a été abattu d’au moins une balle dans la tête au cours de l’attaque de mercredi », a révélé vendredi Ron Redmond, porte-parole du Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), lors d’un point de presse à Genève.
L’agence onusienne a lancé un appel en faveur de la protection immédiate des Palestiniens en Irak.
Défendant le raid mené sur Baladiat, un quartier peuplé majoritairement de Palestiniens et situé dans le secteur est de Bagdad, les autorités du ministère irakien de l’Intérieur ont indiqué que les forces de sécurité recherchaient un gang de voleurs de voitures et qu’elles avaient rencontré quelques résistances en procédant à l’arrestation de certains suspects. Trois membres du gang ont été tués et 15 autres ont été arrêtés.
« Nous ne poursuivons que les criminels, quelle que soit leur origine, et nous traitons tous les Palestiniens de la même manière que les Irakiens. Nous les protégeons », a affirmé le porte-parole des forces de sécurité, le général de brigade Abdul-Karim Khalaf.
Selon Dalil al-Qusous, chargé d’affaires palestinien à Bagdad, le raid des forces de sécurité a causé « peur et émoi » au sein de la communauté palestinienne. En outre, il a appelé à la « relaxe immédiate des détenus palestiniens innocents ».
Pour M. Redmond du HCR, ce raid a provoqué la fuite d’au moins 41 Palestiniens de la capitale partis rejoindre leur 850 compatriotes coincés à la frontière irako-syrienne depuis mai 2006.
Il s’est dit également préoccupé pour la sécurité des ONG travaillant avec les Palestiniens. Le 13 mars, un membre d’une ONG travaillant avec la communauté palestinienne a été enlevé par des inconnus devant son fils, et a été retrouvé mort le jour suivant, a révélé M. Redmond.
La société du Croissant-Rouge irakien (SCRI), seule agence humanitaire présente dans le pays, a indiqué qu’elle ne disposait d’aucune statistique concernant le nombre de déplacés palestiniens en Irak parce qu’ils avaient rejoint d’autres familles et ne s’étaient pas enregistrés dans les bureaux du Croissant-Rouge.
Pas de traitement particulier pour les Palestiniens
« Il n’y a pas de traitement particulier pour les Palestiniens de Bagdad. Nous les traitons comme les Irakiens qui ont besoin de notre aide et, bien évidemment, nous n’hésiterons pas à la leur apporter s’ils la demandent », a déclaré Mazin Abdullah Saloom, porte-parole du Croissant-Rouge.
« Nous continuons à soutenir les familles [palestiniennes] coincées aux frontières. Nous leur offrons des tentes, des vivres, des couvertures et des appareils de chauffage. Nous invitons donc tous les déplacés internes à enregistrer leur famille auprès d’un de nos 40 bureaux à Bagdad », a ajouté M. Saloom.
Les Palestiniens, dont beaucoup avaient fui la Palestine en 1948 après la création du nouvel Etat israélien, et s’étaient réfugiés en Irak, étaient bien traités sous le régime du défunt président irakien Saddam Hussein, ce qui avait suscité quelques ressentiments chez certains Irakiens.
Selon le HCR, au moins 186 Palestiniens ont été assassinés à Bagdad entre avril 2004 et janvier 2007, et quelque 15 000 d’entre eux vivent encore en Irak, à peu près la moitié de la population palestinienne qui y vivait auparavant.
« On se fait tuer tous les jours et le monde entier regarde faire sans réagir. Qu’avons-nous fait pour subir ce calvaire ? », a dit à IRIN au téléphone un réfugié palestinien qui a requis l’anonymat pour éviter des représailles.
« Si personne ne peut protéger nos femmes et nos enfants, alors nous prendrons les armes pour assurer notre protection et personne ne nous le reprochera. Avec la situation qui prévaut, nous considérons que nous sommes déjà menacés », a-t-il ajouté.
Pour Andrew Harper, responsable de l’unité d’appui du HCR en Irak, les Palestiniens sont « particulièrement visés. Ils ne sont pas protégés et n’ont nulle part où aller. Combien faudra-t-il d’autre incident pour que la communauté internationale et les pays de la région répondent positivement aux appels que nous avons lancés pour reloger les Palestiniens hors d’Irak ? »
Comme l’a révélé le général de brigade Qassim al-Mousawi, porte-parole du nouveau plan de sécurité de Bagdad, l’arrestation samedi dernier d’un leader d’Al-Qaida d’origine palestinienne, n’augure pas de bonnes choses et pourrait mettre en danger la vie de nombreux autres réfugiés palestiniens en Irak.
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