L'Institut national des allergies et maladies infectieuses (NIAID), qui fait partie de l'Institut national (américain) de la santé (NIH), a annoncé l’arrêt prématuré de deux essais cliniques évaluant l’impact de la circoncision masculine sur le risque de transmission du VIH après qu’un examen intermédiaire des données a révélé que la circoncision effectuée chez l’homme adulte diminuait fortement les risques de contamination par le VIH, par voie sexuelle.
Les résultats de l’étude, qui devait durer jusqu’à mi-2007, menée à Kisumu, une ville située dans l’ouest du Kenya, sur quelque 3 000 hommes séronégatifs, montrent que le risque de contracter le virus est réduit de 53 pour cent chez les hommes circoncis.
Selon les conclusions d'une autre enquête conduite dans le district de Rakai, au centre de l’Ouganda, à laquelle ont participé près de 5 000 hommes séronégatifs, ce risque est également réduit de 48 pour cent chez les hommes circoncis.
«Ces résultats sont d'un grand intérêt pour les politiques de santé publique et ceux qui mettent en place des programmes généraux de prévention contre le sida», a déclaré le docteur Elias Zerhouni, directeur du NIH.
La circoncision masculine, «effectuée en toute sécurité dans un environnement médical, vient compléter un ensemble de mesures de prévention du VIH et pourrait réduire le poids du VIH/SIDA, notamment dans les pays d’Afrique sub-saharienne, où d’après les estimations de l’Onusida de 2005, 2,8 millions de nouvelles contaminations ont lieu chaque année», a-t-il poursuivi.
Les conclusions de cette nouvelle étude viennent confirmer les résultats d’essais cliniques menés l’année dernière par une équipe de scientifiques français et sud-africains, selon lesquels la circoncision réduirait les risques de transmission du VIH/SIDA de 60 pour cent.
Les écarts entre les hommes circoncis et les hommes non-circoncis étaient tellement évidents que les essais cliniques ont été arrêtés prématurément - ne pas pouvoir offrir la possibilité aux hommes non-circoncis du groupe témoin de se faire opérer allant à l’encontre de l’éthique médicale.
Plus de 30 études menées à travers le monde ont indiqué que la circoncision permettait de réduire les risques pour les hommes d’être infectés par le VIH, mais l’essai clinique effectué en Afrique du Sud a été la première étude clinique aléatoire à définir l’étendue de la protection assurée par la circoncision.
Plusieurs pays africains ont déjà pris des initiatives en se fondant sur les résultats de l’étude menée en Afrique du Sud et souhaitent intégrer la circoncision masculine dans leurs stratégies nationales de prévention de l’épidémie.
La Zambie et le Swaziland ont tous deux lancé des programmes nationaux de circoncision masculine, au moment où la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) présente, dans un nouveau rapport, la circoncision comme «une intervention chirurgicale unique qui réduit pour toujours les risques biologiques.»
D’autres pays, comme l’Afrique du Sud, ont attendu la publication des résultats des études conduites au Kenya et en Ouganda avant de lancer une action.
Le NIAID a rappelé que la circoncision à elle seule ne permettait pas de protéger les hommes d’une contamination au VIH lors d’un rapport sexuel et a souligné que «la circoncision faisait partie d’une stratégie de prévention plus large, qui inclut la fidélité et l’utilisation systématique du préservatif lors des relations sexuelles.»
Des acteurs de la lutte contre le sida ont à plusieurs reprises tiré la sonnette d’alarme et souligné la nécessité d’éviter la confusion entre «réduction» du risque d’infection au VIH et «élimination» de ce risque –ce que ne permet en aucun cas la circoncision seule.
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Pour plus d’informations sur les essais cliniques menés au Kenya et en Ouganda: www3.niaid.nih.gov
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