La session a immédiatement été suspendue. Les causes de l’incendie sont encore inconnues. Toutefois, la police a dû tirer des coups de feu en l’air pour disperser les partisans de Jean-Pierre Bemba qui tentaient d’accéder au tribunal.
« Nous étions en pleine d’audition lorsque nous avons entendu des coups de feu tirés par la police qui n’arrivait pas à contenir la foule », a déclaré Denis Tabiana, un homme politique présent à la Cour.
Pour le ministre de l’Intérieur, Denis Kalume, des hommes armés, qui se trouvaient parmi les manifestants, ont ouvert le feu sur les agents de police et la situation a dégénéré à partir de cet instant. L’incident n’a fait aucune victime.
Dans un communiqué rendu public, la Mission des Nations unies en RDC (Monuc) indique que des éléments incontrôlés ont ouvert le feu sur des agents de police appelés en renfort pour disperser un attroupement d’une vingtaine de personnes devant la Cour suprême. Les échanges de coups de feu ont duré 45 minutes, obligeant les membres de la Cour suprême à interrompre les auditions. Un car de police et deux autres véhicules ont également été incendiés.
L’intervention des Casques bleus de la Monuc a permis d’évacuer les quatre juges de la Cour, les avocats de M. Bemba et les membres de la Commission électorale indépendante (CEI), ainsi que les représentants de l’Union pour la Nation, une coalition de partis favorables à Jean-Pierre Bemba.
M. Bemba et sa coalition ont rejeté les résultats provisoires du deuxième tour de l’élection présidentielle du 29 octobre qui créditaient le Président sortant, Joseph Kabila, de 58,05 pour cent des suffrages, contre 41,95 pour cent à M. Bemba.
Selon Delly Sesanga, l’avocat et porte-parole de la coalition, les membres de l’Union pour la Nation attendent de la Cour suprême qu’elle annule les résultats de l’élection.
« Ce que nous attendons, c’est l’annulation du scrutin. Il y a eu trop d’irrégularités », a déclaré M. Sesanga.
Le Centre Carter, un des nombreux groupes d’observateurs présents en RDC, a annoncé dans un communiqué que les résultats provisoires de l’élection reflétaient la réalité des urnes. Après examen des recours déposés par M. Bemba, la Cour suprême ne pourra que valider ces résultats.
A Kinshasa, la capitale, la tension reste vive et un détachement de l’armée encercle le domicile de M. Bemba où vit la plupart des éléments de sa garde personnelle.
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