«Nous utilisons toutes sortes de pratiques sportives pour amener les enfants à parler des risques du VIH/SIDA et pour identifier ceux qui seront les meilleurs pairs éducateurs pour diffuser les messages», a dit à IRIN/PlusNews Patrick Slavin, le porte-parole de l’Unicef au Liberia.
L’Unicef a démarré cette série de formations en octobre dernier, un an après la publication d’une étude qui révélait que seul un jeune sur dix avait utilisé un préservatif au cours des premiers rapports sexuels : le constat laissait entrevoir des taux d’infection au VIH particulièrement alarmants dans les huit comtés étudiés.
Dans un pays où le taux de prévalence du VIH est estimé officiellement à 8,2 pour cent, la lutte contre l’épidémie est considérée par l’Etat et ses partenaires comme un impératif.
L’enquête commandée par l’Unicef a porté sur près de 1 500 jeunes âgés entre 10 et 25 ans dans huit des 15 comtés du pays. Sur 10 jeunes interrogés, neuf d’entre eux savaient que le VIH pouvait se transmettre lors de relations sexuelles ; six savaient qu’un préservatif pouvait les protéger de l’infection.
Selon l’Unicef, cette ‘contradiction’ apparente entre les connaissances et les pratiques impose une modification des messages et des interventions en direction de la jeunesse libérienne, afin de les rendre plus efficaces et davantage ciblés sur la menace que représente le VIH pour leur vie.
Au Liberia, un pays qui tente de se relever de 14 années de guerre civile, les jeunes âgés de moins de 18 ans représentent environ 53 pour cent de la population. Pour l’Unicef, cette population très vulnérable est celle qui possède aussi le plus grand potentiel de changement.
Après chaque atelier de sensibilisation sur l’épidémie et ses risques, les jeunes gens rejoignent leur équipe de football et de kickball, un jeu pratiqué par les filles à l’aide d’une balle molle, cornaqués par de jeunes athlètes de 13 à 18 ans, d’arbitres et d’officiels du sport.
Les journalistes des stations de radio communautaires et les fonctionnaires travaillant dans les comtés reçoivent également une formation, afin de pouvoir diffuser une information correcte.
La majeure partie de la population qui vit dans les zones rurales du pays est dépendante de ces radios communautaires, les seules à être en mesure de délivrer l’information.
La mission des Nations unies au Liberia, Minul, ainsi que le programme national de lutte contre le VIH appuient l’Unicef en terme de documentation et de conseil.
«Le Liberia est maintenant en paix et reçoit de nombreux visiteurs. Les interactions avec les populations contribuent à répandre le virus», a dit Patrick Slavin. «Alors que le pays vit une situation de post-conflit, le risque d’infection au VIH y est beaucoup plus important qu’au cours de la guerre.»
Le programme de formation aux techniques de prévention s’étendra jusqu’à la fin de l’année, pour reprendre en 2007 dans les autres comtés du pays, a-t-il précisé.
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