Les deux agents tués habitaient Fataki, à quelque 90 kilomètres au nord-est de Bunia, la ville principale de l’Ituri. Selon Mme Vaweka, les circonstances du drame ne sont pas claires, mais le soldat a été arrêté et sera remis aux autorités judiciaires militaires.
En réaction, la foule en colère a mis le feu aux bureaux de vote de la localité.
Les opérations de vote du deuxième tour de la présidentielle ont commencé le 29 octobre. Les électeurs sont appelés à choisir le nouveau Président de la RDC entre deux candidats : le Président sortant Joseph Kabila, 35 ans, et un de ses quatre vice-Présidents, Jean-Pierre Bemba, 44 ans.
L’indiscipline des soldats serait en partie responsable du faible taux de participation des électeurs dans le district de l’Ituri, dimanche, a expliqué un agent du bureau de liaison de la Commission électorale indépendante (CEI) à Bunia, qui a requis l’anonymat. Des soldats avaient érigé plusieurs barrages routiers sur l’axe Nizi et Walendus Bindi et rançonnaient les passants qui souhaitaient se rendre dans les bureaux de vote.
Un électeur, a expliqué qu’au cours d’un de ces incidents à Dhego, une localité située à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest de Bunia, les militaires l’ont fouillé et lui ont prix cinq dollars, sur les dix qu’il avait en sa possession.
Pour le moment les responsables militaires se sont refusés à tout commentaire.
Dans le district de Bunia, le taux de participation au scrutin était visiblement faible par rapport au premier tour de la présidentielle du 30 juillet dernier, a indiqué un agent du bureau de liaison de la CEI. Toutefois, aucune irrégularité na été signalée dans les zones sous contrôle des miliciens fidèles à Peter Karim, le leader du Front des nationalistes et intégrationnistes (FNI). Bien que Peter Karim ait intégré l’armée nationale en octobre, il contrôle encore au moins 3 000 miliciens dans l’Ituri.
A Fataki, le taux de participation a été très élevé par rapport à d’autres régions de l’Ituri. Fataki est le bastion de l’Union des patriotes congolais (UPC), une milice dont le leader, Thomas Lubanga, est actuellement détenu dans une prison de la Cour internationale de justice de la Haye, aux Pays-bas. L’UPC a appelé ses partisans à Fataki à voter massivement pour M. Bemba.
Il y a eu plusieurs accrochages entre les gardes de MM. Kabila et Bemba pendant la campagne du deuxième tour des élections. Le 20 août dernier, de violents combats ont opposé pendant deux jours à Kinshasa, la capitale, les hommes de la sécurité des deux leaders politiques. Le calme est revenu dans la ville grâce à l’intervention des institutions internationales appuyant la transition démocratique en RDC.
La guerre civile en RDC a duré cinq années et a pris fin en 2003. Plusieurs pays ont été impliqués dans ce conflit, certains ayant même combattu le régime en place à l’époque.
Cette guerre – à laquelle MM. Kabila et Bemba ont pris part en tant que combattants – a fait quatre millions de morts, victimes pour la plupart de la faim des maladies, et près de cinq millions de déplacés.
Aujourd’hui, le pays est confronté à un immense défi humanitaire et tout au long de leur quinze jours de campagne électorale, les deux candidats ont fait part de leur détermination à mettre fin à cette tragédie en rétablissant l’ordre et la sécurité en RDC.
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