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La discrimination des personnes séropositives en procès

Le premier procès pour discrimination envers une personne vivant avec le VIH s’est ouvert mercredi dans la capitale sierra léonaise, sous la haute surveillance des militants de la lutte contre le sida.

Rashidatu Bangura aurait été battue et expulsée de chez elle par le fils de sa propriétaire, Sylvester Momoh Douglas, après qu’elle ait révélé sa séropositivité au grand jour.

L’accusé était absent lors de cette première audience, après avoir été relâché sous caution lundi dernier. Néanmoins, le tribunal d’instance de Freetown a ordonné son arrestation et sa détention en vue du prochain rendez-vous, fixé au 25 octobre.

Habillés de tee-shirts où l’on pouvait lire “HIV-Positive” (Séropositif), des dizaines d’activistes étaient rassemblés pacifiquement devant la cour de Freetown pour soutenir Mme Bangura, en chantant : «Stigma, tu es cruel, nous te dirons non ! et nous nous battrons pour gagner.»

«Nous sommes venus pour exprimer notre solidarité avec Rashidatu et toutes les autres personnes stigmatisées pour avoir annoncé leur statut VIH», a expliqué à PlusNews la responsable des comités parlementaires sur le VIH/SIDA de Sierra Leone, Janet Mammie Sam-King.

Selon la société civile, la discrimination des personnes vivant avec le virus est l’un des plus grands obstacles à la prise en charge médicale et psychologique des patients en Sierra Leone.

Ainsi, Mme Sam-King a précisé que le parlement sierra léonais était sur le point de finaliser un projet de loi pour rendre ces comportements illégaux, alors que de plus en plus de cas de discrimination sont portés à la connaissance des députés, des associations de lutte contre la pandémie et de leurs partenaires internationaux.

Les militants ont néanmoins reconnu que de plus en plus de personnes vivant avec le virus osent désormais parler de leur statut et de leurs conditions de vie. Selon Samuel Williams, le premier à avoir annoncé sa séropositivité en Sierra Leone il y a huit ans, plus de 200 personnes ont déjà publiquement évoqué leur statut et plus encore s’apprêteraient à le faire.

Selon une étude réalisée par le laboratoire ghanéen Nimba Research Consultancy et financée par la Banque mondiale, 1,5 pour cent de la population vivrait avec le VIH/SIDA en Sierra Leone, un pays qui se remet difficilement de dix années de guerre civile.

Ce taux de prévalence est contesté par les acteurs de la lutte contre la pandémie, qui estiment qu'environ cinq pour cent de la population de Freetown pourrait être infectée au VIH.

Ainsi l’actuel directeur adjoint du secrétariat national de lutte contre le sida, Abdul Rahman Sesay, a confié à PlusNews que l’épidémie galopait dans le district de Koinadugu, dans le nord du pays, où le taux d’infection pouvait atteindre six pour cent de la population.

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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