En effet, la migration clandestine du Sénégal vers l’archipel a considérablement augmenté au cours des derniers mois. Selon les autorités, quelque 17 000 migrants illégaux ont débarqué dans les îles Canaries cette année, dont 1 200 le week-end dernier.
Cet accord, explique le ministre sénégalais de l’Intérieur, Ousmane Ngom, prévoit notamment la mise en oeuvre immédiate de patrouilles communes – Guardia civil espagnol et Etat-major mixte sénégalais – pour une durée de neuf mois, à proroger, si nécessaire.
L’Espagne s’engage à affecter un hélicoptère et un patrouilleur qui seront appuyés par un avion et un autre patrouilleur italien. D’autres moyens terrestres ont déjà été fournis par l’Espagne. En effet, 20 véhicules pick-up, 50 motos de surveillance des plages, 50 ordinateurs, 50 paires de jumelles infrarouges et 50 walkies-talkies ont été mis à la disposition de la gendarmerie, de la police et de la marine sénégalaises dans le cadre de la surveillance des côtes du Sénégal.
« Nous avons dès le départ mesuré l’impact que cette émigration pouvait avoir pour les deux pays », a expliqué M. Ngom. « Avec les moyens offerts par l’Espagne, l’Etat-major mixte va avoir une force de frappe suffisamment dissuasive pour mettre fin à ce fléau ».
A propos des passeurs, M. Ngom a indiqué que le Sénégal arrêterait ces « vendeurs d’illusions qui utilisent la naïveté des candidats à l’émigration pour s’enrichir ».
La Guardia civil espagnole procédera à l’interception des migrants clandestins, à charge pour les autorités sénégalaises de les identifier et de les arrêter.
Avec la signature de cet accord, le Sénégal marque son adhésion au Frontex, une agence qui coordonne les activités des gardes-frontières pour garantir la sécurité des frontières de l’Union européenne. Cette agence est opérationnelle depuis l’année dernière. La Mauritanie et le Cap-Vert ont déjà signé cet accord.
L’Espagne n’ayant pas signé d’accord de rapatriement avec le Sénégal, les migrants illégaux sénégalais qui étaient appréhendés sans carte d’identité étaient relâchés sur le territoire de l’Espagne continentale.
Les autorités sénégalaises ont proposé des projets de développement pour aider les migrants à créer des activités génératrices de revenus et à suivre des formations dans les domaines de l’agriculture, du tourisme, de la pêche ou de l’artisanat pour les empêcher de s’expatrier.
« Nous voulons donner des raisons d’espérer pour les jeunes et les convaincre que la solution, c’est ici au Sénégal et non ailleurs », a déclaré M. Ngom.
La communauté des pêcheurs de la ville côtière de Saint Louis, au nord du Sénégal, a organisé des rassemblements pour attirer l’attention de la population locale sur les dangers de la migration illégale. Beaucoup de migrants ne sont jamais arrivés à destination et se sont noyés en mer, leurs corps ayant été rejetés sur les berges de l’archipel ou des côtes d’Afrique de l’Ouest.
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