Près de 150 bombes ont été neutralisées vendredi dernier derrière l’hôpital de Nadje, explique le Dr Ali, et plus d’un millier depuis le début de la campagne de déminage, confie un soldat de l’armée libanaise.
« Je n’ai rien vu de comparable. Il y a bien plus de bombes qu’en Iraq », se désole Sean Sutton, porte-parole MAG (Mine advisory group), une ONG britannique impliquée dans les opérations de déminage dans la région de Nabatiyeh, au Sud Liban.
Et la présence de ces engins entrave gravement l’action des agences humanitaires en faveur des populations locales.
« La menace est énorme », explique Mat Hollingworth du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies. « Nous nous déplaçons avec des équipes de la MAG qui nous donnent au coup par coup une évaluation de la situation avant que nos convois ne s’engagent sur certaines routes ».
La plupart des quarante villages visités par l’équipe de déminage ont été bombardés par l’aviation israélienne, explique M. Sutton qui affirme avoir vu des modèles d’obus M42 et M77 de fabrication américaine ou des copies israéliennes.
Dans le Sud Liban, ces bombardements ont détruit les systèmes sanitaires et de distribution d’eau, ce qui constitue un obstacle majeur au retour des déplacés, selon l’UNICEF.
« Je n’ai jamais vu des destructions de cette ampleur », explique Branislav Jekic, spécialiste de l’assainissement à l’Unicef. « Partout où l’on passe, on demande aux gens ce dont ils ont le plus besoin et la réponse est toujours la même : de l’eau ».
D’après les évaluations de l’UNICEF, les canalisations souterraines et les réseaux de distribution d’eau ont été sérieusement endommagés ou détruits dans la plupart des communautés affectées par la guerre.
Et alors que la majorité des déplacés sont rentrés chez eux ou ont trouvé une solution provisoire pour se loger, la communauté internationale tarde à déployer les 2000 à 15 000 Casques bleus censés renforcer le contingent de la force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) et appuyer les troupes libanaises déployées au Sud Liban.
Des incursions de l’armée israélienne dans la vallée de la Bekaa (Liban) ont été enregistrées la semaine dernière, en violation de la résolution 1701 du Conseil de sécurité qui a mis fin aux hostilités entre Israël et la branche armée du Hezbollah.
« Le Secrétaire général s’est déclaré très préoccupé par une violation par la partie israélienne de la cessation des hostilités demandée par la résolution 1701 (2006) », a révélé le porte-parole de M. Kofi Annan.
La France, qui devait prendre la tête de la FINUL élargie n’a pour l’instant dépêché que 200 hommes au Liban. L’Indonésie, la Malaisie et le Bengladesh qui se proposaient d’envoyer des troupes ont vu leur offre rejetée par Israël au motif que ces pays ne reconnaissent pas l’existence de l’Etat hébreu.
L’Italie envisage désormais de prendre le commandement des forces de maintien de la paix au Liban, mais à en croire certains analystes, ces forces n’ont aucun mandat précis.
« Ni le Liban, ni Israël n’ont spécifié le mandat précis de la force de maintien de la paix », explique Charles Harb, psychologue et analyste à l’Université américaine de Beyrouth. « Il y a eu de longues discussions à ce sujet, mais aucune condition concrète n’a encore été fixée ».
De l’avis de nombreux experts, la communauté internationale devrait démontrer sa détermination à contribuer au renforcement du contingent des forces de la paix au Liban demandé par les Nations unies.
« Pour que le cessez-le-feu tienne, la communauté internationale doit montre plus de disponibilité et de détermination à renforcer, le plus tôt possible, le contingent des forces de maintien de la paix », explique Rami Khouri, rédacteur en chef au quotidien Daily Star.
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