« Maintenant, les choses sont un peu plus calmes, mais nous ne savons combien de temps cela va durer », explique Chaar, 25 ans, au cours d’un entretien téléphonique avec IRIN. « Nous prions le Seigneur pour que la situation ne change pas ».
IRIN a suivi la situation difficile de Chaar et de sa famille pendant plus de deux semaines en publiant à chaque jour un extrait des entretiens téléphoniques que nous avons eus avec ce jeune Libérien.
Chaar parlait des craintes de sa famille, des pénuries d’eau et de nourriture, du manque d’argent, des problèmes d’éviction de l’appartement et de la vie commune avec 22 autres Libériens dans un minuscule appartement.
« Je fais tout mon possible pour quitter le Liban », confie-t-il. « Je n’ai plus rien dans ce pays, plus rien du tout. Je n’ai plus d’appartement. L’immeuble a été complètement bombardé ».
Contrairement aux pays occidentaux qui ont rapidement évacué leurs citoyens de Beyrouth, le nouveau gouvernement du Libéria n’a rien fait pour aider ses ressortissants. Près de 50 Libériens et Libano-Libériens se sont retrouvés coincés dans la capitale libanaise.
L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) est venue en aide aux travailleurs immigrés dont la plupart viennent de pays africains, en les acheminant vers la Syrie d’où ils ont pu rejoindre leur pays d’origine. Mais Chaar a peur de retourner au Liberia.
« Pendant la guerre au Liberia, j’ai eu un problème avec certaines personnes, des ex-combattants que j’avais dénoncés pendant la période de désarmement et ils m’ont menacé ma famille et moi », explique Chaar.
Si les hostilités reprenaient à Beyrouth, le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a affirmé qu’il apporterait une assistance à Chaar et sa famille dans le cas où leur situation se détériorerait.
« Nous pourrons les aider s’ils ont besoin de logement et leur procurer des matelas, des couvertures, des ustensiles de cuisine et des fours », explique Daniel Alkhal, agent de protection du HCR à Beyrouth.
Et si Chaar et sa famille sont expulsés de l’appartement qu’ils occupent actuellement, le HCR pourra les héberger dans un centre public, précise M. Alkhal.
« Mais ces centres se feront rares dans les prochains jours car beaucoup de Libanais reviennent dans leur région », a-t-il ajouté.
Entre temps, Chaar a réussi à gagner un peu d’argent pour s’acheter de la nourriture.
« Nous allons dans les secteurs des magasins et demandons aux gens s’ils ont besoin d’aide pour charger ou décharger leurs camions en échange d’un peu d’argent, cinq ou dix dollars », explique-t-il. « Nous traînons dans les rues et essayons de nous en sortir ».
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