Leur nouveau gouvernement, récemment élu après 14 ans de guerre civile, est incapable de leur venir en aide et le petit groupe de Libériens risque d’être oublié, même si les Nations unies intensifient actuellement leurs efforts pour évacuer les ressortissants étrangers.
Plusieurs d’entre eux ont fui la guerre dans leur propre pays, il a 12 ans. Ils sont venus au Liban par leurs propres moyens après avoir quitté un camp de réfugiés au Ghana. Certains membres de leur famille étaient mariés à des Libanais.
Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) évacue actuellement des réfugiés soudanais de Beyrouth. Et l’Organisation internationale pour les migrations (IOM) aide pour sa part des travailleurs migrants, dont beaucoup sont Africains, à se rendre dans les camps de transit en Syrie et par la suite dans leur pays d’origine.
Mais les Libériens ne tombent dans aucune de ces catégories et ils pourraient être oubliés.
IRIN suit la situation difficile de Saide Chaar, 25 ans, et de sa famille, au fil de conversations téléphoniques quotidiennes qui sont par la suite retranscrites sous forme narrative. Leur situation se détériore, jour après jour. Ils doivent faire face à la faim, aux menaces d’éviction et à la peur des attaques aériennes et d’une guerre au sol.
Voici un extrait de notre conversation avec Saide Chaar.
3 août 2006 – Le bébé, Lévi, est encore malade, il a la diarrhée et toutes sortes de choses. On ne sait pas ce qui lui arrive. Il pleure et crie beaucoup.
Nous avons essayé de l’amener à la clinique, un hôpital public, pour qu’il soit soigné. Il existe une carte de santé au Liban, donc ils m’ont demandé de présenter la carte du bébé, mais nous n’en avons pas. Nous sommes allés à la pharmacie pour acheter du sirop Panadol pédiatrique, mais surtout, nous prions pour lui. Hier, par chance, nous avons pu lui trouver un peu de lait et c'est ce qu'il boit aujourd’hui.
Hier j’ai vendu ma montre pour 50 dollars. C’était un cadeau qu’un ami m’avait offert il y a très longtemps. A cause de ce qui est arrivé, j’ai vendu presque tout ce que je possédais.
[Avec] ma mère et toute ma famille, nous restons assis, ensemble, dans la maison. Au bruit des avions, tout le monde panique et crie. Ce qu’il y a de pire, c’est que les médicaments [des personnes les plus âgées de la famille] sont terminés. Il n’y a aucun moyen de trouver ces médicaments en ce moment et de toute façon, nous n’avons pas l’argent pour les acheter.
Nous ne savons pas ce qui peut arriver d’ici à demain matin. Nous ne savons pas s’il va y avoir des attaques…
Nous entendons les avions et ensuite les bombardements. Nous avons tellement peur. Hier j’ai reçu un appel d’un journaliste au Libéria. Il a essayé de me mettre en contact avec le Consul général en Jordanie. [Le Consul] m’a dit: « Saide, dès que je reviens en Jordanie, je vais faire de mon mieux pour aider les Libériens de Beyrouth ».
Mais il n’y a toujours pas d’espoir de quitter le pays.
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