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Abidjan paralysée par les Jeunes Patriotes hostiles aux audiences foraines

Les partisans du président Laurent Gbagbo ont paralysé mercredi Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire, et plusieurs autres villes du Sud après que le président ivoirien ait déclaré qu’il était opposé à toute idée de mener les opérations des audiences foraines sans que le désarmement des ex-rebelles n’ait été effectué.

Ces partisans, connus sous le nom de Jeunes Patriotes, ont brûlé des pneus et brandissaient des pierres et des bâtons pour empêcher les automobilistes de se rendre dans le centre-ville et dans certains quartiers populaires d’Abidjan. Les magasins et les commerces sont restés fermés et très peu de personnes se sont aventurées dans les rues.

Les forces de l’ordre ont fait usage de grenades lacrymogènes pour disperser les groupes de manifestants, mais ceux se reconstituaient rapidement. Les Jeunes Patriotes ont décrété ce mercredi « jour de tous les dangers ».

Dans les localités d’Agboville, de Dimbokro et de Duékoué, les manifestants ont également dressé des barricades.

« Pas de désarmement, pas d’audience foraine », a déclaré Laurent Gbagbo devant le corps préfectoral déplacé de guerre qui était censé assurer le contrôle des opérations pour le gouvernement. « On ne peut pas aller aux élections sans le désarmement et les audiences foraines sont la première étape des élections ».

A Abidjan, les audiences foraines, qui ont débuté timidement jeudi dernier, visent à établir la citoyenneté de quelque 3,5 millions d’Ivoiriens sans papier. L’identification permettra de mettre à jour les listes électorales avant la tenue du scrutin présidentiel prévu octobre 2006 conformément aux dispositions de la feuille de route des Nations unies.

Mais selon certains observateurs, ces élections seront probablement reportées en raison des nombreuses entraves au processus de paix. L’inscription de nouveaux électeurs pourrait influencer les résultats du prochain scrutin et faire basculer l’équilibre du pouvoir au détriment du président Gbagbo.

Dans les zones du nord sous contrôle de la rébellion, les audiences ont débuté mardi et se sont poursuivies ce jour. En revanche, dans les régions sud sous contrôle gouvernemental, elles ont dû être suspendues lorsque les jeunes patriotes sont descendus dans les rues.

En Côte d’Ivoire, la question de la nationalité est un sujet très sensible qui a servi de prétexte au déclenchement de la guerre civile.

Le Front populaire ivoirien (FPI), le parti au pouvoir, a dénoncé les opérations des audiences foraines, arguant qu’elles sont un moyen de gonfler les listes électorales en faveur de la rébellion du nord.

Dans une allocution retransmise dimanche dernier sur les ondes de la radio nationale, le président Gbagbo a accusé l’ONU de complaisance vis à vis de la rébellion du nord. En outre, il a critiqué l’empressement de la Mission des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci) à réagir lorsqu’il s’agit de ses partisans, les Jeunes patriotes, et la discrétion dont fait montre la mission lorsqu’il est question du désarmement des rebelles. En janvier dernier, les Jeunes Patriotes avaient attaqué les bâtiments de l’Onuci à Abidjan.

Le processus d’identification est une phase importante du plan de paix élaboré par les Nations unies pour mettre fin au conflit en Côte d’Ivoire et réunifier un pays où quelque 750 000 personnes ont été déplacées et près de 3 millions de personnes sont prises en charge par des agences humanitaires.

Près de 10 000 Casques bleus de l’ONU et militaires français de la force Licorne patrouillent la zone tampon séparant la ligne de front des forces rebelles, au nord, de celle des forces gouvernementales, au sud.

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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