Entre le 15 mars et la fin du mois d’avril, des combats ont opposé des soldats bissau-guinéens à une faction dissidente du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC), un groupe séparatiste sénégalais actif dans la région frontalière du nord de la Guinée Bissau.
Quelque 10 000 personnes - des femmes et des enfants, essentiellement – se sont enfuis des villages proches de la frontière, en territoire bissau-guinéen, et 2 500 autres ont trouvé refuge dans le Sud du Sénégal voisin. La plupart des déplacés et réfugiés a été pris en charge par des amis ou des parents ne disposant que de maigres ressources, a déploré le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), l’initiateur de l’appel de fonds d’urgence.
Selon plusieurs agences des Nations unies, les mines antipersonnel et antichar sont la principale cause d’insécurité dans la région, en ce sens qu'elles empêchent les habitants d’accéder à leurs champs et à leurs maisons.
Ces mines ont récemment tué 13 civils et blessé plusieurs autres sur les principaux axes routiers de la frontière sénégalaise, a indiqué OCHA.
Petit pays d’Afrique de l’ouest, la Guinée Bissau a une population d’environ 1,4 millions d’habitants. Son revenu annuel moyen par habitant est de 250 dollars américains, selon le Fonds monétaire international, et la noix de cajou, son principal produit d’exportation.
Alors que la saison des récoltes devrait actuellement battre son plein dans le nord du pays, les mines antipersonnel empêchent les paysans de se rendre dans leurs plantations d’anacardiers, a déclaré OCHA.
En outre, au plus fort des combats, la dissémination de ces mines a coupé du reste du pays près de 20 000 habitants de Varela et de Susana, deux localités du nord-ouest de la Guinée Bissau. Et bien que les combats aient cessé, le problème persiste.
« Le trafic a progressivement repris, la situation des populations affectées par la guerre reste précaire du fait qu’elles sont confrontées à de graves problèmes liés aux mauvaises conditions sanitaires et d’hébergement ainsi qu’aux pénuries de nourriture et d’eau », a déclaré OCHA.
Une bonne partie des 3, 64 millions de dollars de subvention sera investie dans l’aide alimentaire, le déminage constituant le deuxième poste de dépense le plus important, avec un budget de 727 000 dollars américains.
This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions