A moins de six mois des élections présidentielles, près de trois millions d’ivoiriens – des immigrants de la première, deuxième ou troisième génération, pour la plupart – sont sans papier. L’identification est l’une des principales revendications des rebelles qui considèrent que les immigrants et les populations des régions nord de la Côte d’Ivoire sont marginalisés par le gouvernement.
Des audiences foraines seront organisées sur deux sites du nord du pays, sous contrôle rebelle, et dans cinq villes du sud contrôlé par le gouvernement. Elles devraient permettre d’établir l’identité des Ivoiriens et des immigrés âgés de 13 ans et plus qui n’ont pas de certificat de naissance, a déclaré M. Banny dimanche.
« Le 18 mai, des audiences foraines seront organisées sur sept sites pilotes, qui ont été choisis pour être un échantillon représentatif de ce qui va être fait à grande échelle », a déclaré M. Banny à la télévision nationale.
« Parce que nous ne perdons pas de vue que nous devons organiser des élections au 31 octobre 2006, on ira le plus loin possible dans l’opération d’identification […] alors, […] à l’occasion de ces audiences foraines, un certificat de nationalité sera donc délivré ».
Ce plan a été vivement critiqué par les partisans du président Gbagbo qui craignent que des centaines de milliers d’étrangers n’obtiennent un certificat de nationalité de manière frauduleuse, leur permettant de voter pour l’opposition.
Mais selon M. Banny, il n’y a aucune raison de s’inquiéter car tout sera fait afin que « la nationalité [ivoirienne] ne s[oit] pas donnée à la semelle des souliers de qui que ce soit! Toutes les dispositions seront prises pour cela ».
Selon un plan de paix soutenu par l’ONU, l’identification et le désarmement des rebelles et des milices pro-gouvernementales se feront de manière concomitante, avant les élections présidentielles.
Mais lors de son allocution, M. Banny n’a pas précisé la date à laquelle commencera le désarmement des milliers de rebelles et miliciens du gouvernement.
Selon M. Banny, la première phase du programme de désarmement retardé à plusieurs reprises – le cantonnement de dizaines de milliers de combattants - commencera dès que les audiences foraines démarreront.
Les chefs d’Etat-major de la rébellion et des Forces de défenses et de sécurité de la Côte d’Ivoire doivent se rencontrer mercredi pour décider d’un chronogramme pour le désarmement. Des pourparlers ont échoué le mois dernier lorsque les leaders rebelles ont refusé de se faire fouiller en entrant sur dans la zone sous contrôle gouvernemental.
Mais pour beaucoup d’observateurs, les délais sont trop courts pour mener de front les programmes d’identification et de désarmement.
M. Gbagbo, dont le mandat a été prorogé de 12 mois par les médiateurs internationaux suite à l’échec des élections de 2005 a déclaré sur les ondes de la radio de la Mission de l’ONU qu’il se maintiendrait au pouvoir tant que le pays resterait divisé.
« Je souhaite qu’il y ait des élections pour que notre pays retrouve sa vie normale. Et je ferai tout pour qu’il y ait les élections. […] », a déclaré M. Gbagbo. « Tant qu’il n’y a pas d’élection, c’est moi, le président de la République ».
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