« Je puis dire que nous sommes satisfaits », a déclaré Bio Yarou Tanga, 2ième vice-président de la CENA. « Nous avons commencé à l’heure. Ce qui n’est pas gagné d’avance. Le second tour s’est mieux passé que le premier ». Le seul sujet de préoccupation pourrait être le faible taux de participation des électeurs, par rapport au premier tour du 5 mars.
« La seule chose à craindre est la faiblesse du taux de participation qui sera de 50 à 60% », a-t-il ajouté. L’organisation précipitée du scrutin n’a pas permis à Boni Yayi et Adrien Houngbédji, les deux candidats encore lice, de faire campagne pour le deuxième tour.
« Je tire mon chapeau à la CENA », a déclaré Julien Attakla, observateur et membre du Front des organisations civiles. « Malgré la précipitation, elle a donné des résultats satisfaisants. Là où le bât blesse, c’est que les électeurs ne sont pas sortis massivement ».
Bien que la CENA ait demandé plus de temps pour organiser le second tour des élections, le gouvernement a décidé vendredi en fin de journée qu’elles devront se tenir dans les prochaines 48 heures. Des crieurs publics ont alors sillonné samedi les villes et campagnes de ce petit pays de sept millions d’habitants pour demander à la population de se rendre aux urnes dimanche.
Si la CENA a réussi à livrer à temps les bulletins de vote et les urnes, le message des crieurs publics en revanche n’est pas parvenu à tous les quatre millions d’électeurs inscrits, en particulier à ceux vivant dans les villages et communautés rurales isolés.
« Tout le monde croyait que le scrutin se déroulerait le mercredi », a expliqué Ayaba Toukon, habitante de Toffo, une localité du centre du Bénin. « Alors très tôt, les villageois sont allés au champ avant le passage du crieur public ».
Les autorités béninoises avaient rejeté vendredi la requête de la CENA qui souhaitait disposer de plus de temps pour organiser le deuxième tour des élections présidentielles qui, conformément à la Constitution, doit avoir lieu deux semaines après la proclamation officielle des résultats du premier tour.
Et comme ces résultats ont été proclamés la semaine dernière, le président de la CENA, Sylvain Nouwatin, a demandé que le scrutin du deuxième tour se déroule lieu le mecredi 22 mars pour permettre aux candidats de faire campagne.
M. Nouwatin a alors déclaré au cours du week-end, que la Commission électorale fera tout ce qui est en son pouvoir pour que le scrutin se déroule les meilleures conditions possibles.
« Nous avons le dos au mur, ce qui veut dire que nous n’avons d’autre choix que d’avancer », a-t-il fait remarquer. « Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour que les choses se passent le mieux possible ».
La requête de la CENA de reporter le deuxième tour des élections a été appuyée par la Cour constitutionnelle qui a egalement exhorté le gouvernement a reporter la tenue du scrutin au mercredi 22 mars.
Après avoir voté dimanche, le Président Mathieu Kérékou, qui ne pouvait se présenter aux élections parce frappé par la limite d’âge de 70 ans fixée par la Constitution, a invité les électeurs à sortir massivement pour voter. Selon lui, il était important de respecter la Constitution.
« Si la CENA avait persisté à organiser le vote le 22 mars, nous serons dans l’impasse en réalité. C’est pour cela qu’elle a compris qu’elle ne peut pas violer la Constitution ».
Après près de trois décennies passées au pouvoir, le président Kérékou prendra sa retraite politique à la fin de son quinquennat. Mais des doutes sur sa réelle volonté de quitter définitivement le pouvoir au soir du 6 avril ont pesé sur le déroulement du scrutin. Ancien chef d’Etat militaire de 1972 à 1990, puis initiateur en 1991 du multipartisme au Bénin, le président Kérékou achève son deuxième mandat consécutif à la tête de l’Etat béninois.
Les résultats officiels du premier tour donnaient M. Yayi en tête des 25 autres candidats, avec 35,64 pour cent des suffrages, suivi de M. Houngbedji, avec 24,12 pour cent des voix. Et à en croire de nombreux observateurs, M. Yayi pourrait être proclamé vainqueur du second tour des élections puisque 11 des 24 candidats recalés du premier tour ont appelé à voter pour lui.
Agé de 54 ans, M. Yayi a démissionné le mois dernier de son poste de Directeur de la Banque ouest africaine de développement (BOAD) basée à Lomé, au Togo, pour se présenter aux élections en tant que candidat indépendant soutenu par une coalition de mouvements de la société civile et de partis politiques. Maître Houngbédji, 64 ans, chef de file du Parti du renouveau démocratique, est un vétéran de la politique qui a occupé deux fois les fonctions de Président de l’Assemblée nationale.
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