« Les Janjawid – micilies arabes du Soudan – ont lancé une attaque le 6 mars dans la zone d’Amdjirémé, emportant sur leur passage 700 chameaux, 1 000 têtes de bœufs, 1 500 têtes de moutons et d’autres biens appartenant aux paisibles citoyens », a indiqué le ministre tchadien de la Communication, Hourmadji Moussa Doumgor, dans un communiqué rendu public mercredi.
Les forces loyalistes ont poursuivi les assaillants qui se sont enfuis au Soudan, mais elles ont pu récupérer le bétail qui sera remis aux propriétaires, précise le communiqué.
Le Tchad et le Soudan font face à une rébellion armée et les deux pays s’accusent mutuellement de soutenir des dissidents politiques. En février, le Président tchadien Idriss Déby et son homologue soudanais, Omar Hassan Al-Bachir, s’étaient rencontrés en Libye et avaient pris une série de mesures pour mettre fin aux hostilités. Il s’étaient notamment engagés à ne pas souternir des activités de mouvements rebelles sur leur territoire.
Selon les autorités tchadiennes, la récente incursion est une violation de cet accord.
« Cette nouvelle attaque des Janjawid constitue une violation flagrante de l’accord de Tripoli et engage toute la responsabilité du gouvernement soudanais », a souligné le communiqué du gouvernement tchadien.
« Cette incursion des auxiliaires de l’armée soudanaise sape les efforts consentis par l’Union africaine (Ua) et le guide de la révolution libyenne pour la recherche d’une solution durable au conflit qui oppose les deux pays », ajoute le communiqué.
Le conflit qui secoue depuis près de trois ans l’Ouest du Darfour, au Soudan, a contraint plus de deux millions de soudanais à fuir la région et pèse lourdement sur la région pauvre et instable de l’est du Tchad où de nombreux déserteurs de l’armée tchadienne ont trouvé refuge.
Les incursions et les attaques en territoire tchadien – où près de 200 000 Soudanais vivent dans des camps de réfugiés – sont de plus en plus fréquentes ces dernières semaines, des deserteurs de l’armée tchadienne ayant même trouvé refuge dans le Darfour.
Et selon un travailleur humanitaire présent dans la région, une jeune fille de 10 ans a récemment été atteinte d’une balle à la poitrine, au cours de combats qui ont eu lieu dans la ville frontalière d’Adre, à l’est du Tchad, et elle a été évacuée à N’djaména, la capitale.
Le Secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a exhorté les deux deux pays à mettre fin aux hostilités dans la région. Il a notamment indiqué qu’il était important qu’il n’y ait pas d’amalgame entre la situation dans les régions frontalières du Tchad et le conflit du Soudan pour éviter que les deux pays et la région toute entière ne basculent dans la confrontation et le conflit.
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