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Un prix pour la paix décerné à un prêtre belge accusé de génocide

Guy Theunis, un prêtre catholique belge âgé de 60 ans, accusé par les autorités rwandaises d’avoir participé au génocide de 1994, s’est vu remettre un prix pour la paix.

Le prix lui a été décerné mercredi à Gand, en Belgique, par le journal paroissial Kerk en Leven - Eglise et vie, en flamand – et c’est l’archevêque de Gand, Luc Van Looy, qui, au nom du jury, lui a remis au lauréat un chèque d’un montant de 3 000 Euros (3 560 dollars américains) et une œuvre d’art.

M. Van Looy, a déclaré que Theunis, qui a travaillé au Rwanda de 1970 à 1994 en tant que membre de l’Ordre des pères catholiques blancs « était très actif dans les domaines des droits de l’homme, de la paix et de la justice ».

Co-fondateur d’une association rwandaise pour la défense des droits de l’homme, le père Theunis était également actif dans le monde des média au Rwanda. Après le génocide, il a formé des travailleurs pastoraux en Afrique du Sud.

« Il a fortement prôné la non-violence, ce qui lui a valu de nombreuses menaces de mort », a déclaré M. Van Looy.

C’était la première fois que le père Theunis apparaissait en public depuis son départ du Rwanda le 21 novembre 2005 pour la Belgique.

Le père Theunis a été arrêté le 6 septembre 2005 par les autorités rwandaises, pour son rôle présumé dans le génocide de 1994. Il a été accusé au Rwanda « d’incitation au génocide » pour avoir reproduit - dans une revue catholique qu’il dirigeait - des articles extrémistes appelant les Hutus à massacrer les Tutsis.

Le gouvernement rwandais a également accusé le père Theunis d’avoir reproduit des informations biaisées et de les avoir envoyées en Europe, durant les premiers jours du génocide. Il est également accusé d’être responsable des meurtres commis dans une église de Kigali, la capitale du pays. Durant le génocide, des milliers de Tutsis qui cherchaient refuge dans des églises ont été massacrés.

Certaines associations comme Reporters sans frontières et Human rights watch maintiennent que les charges retenues contre le père Theunis sont sans fondement, puisqu’il a quitté le Rwanda sept jours après le début du génocide.

Bruxelles avait demandé que M. Theunis soit extradé en Belgique, une requête à laquelle le Rwanda a accédé, vu l’engagement de l’Etat belge à combattre les génocidaires.

M. Theunis est le premier Européen à être arrêté par les autorités rwandaises. Il n’est cependant pas le premier Européen à avoir été mis en cause dans le massacre. En juin 2000, le tribunal avait condamné le journaliste belge George Ruggiu à 12 ans de prison.

Plusieurs prêtres et religieuses rwandais ont été condamnés pour avoir participé au génocide, notamment deux sœurs qui avaient tenté de trouver refuge en Belgique. Elles ont été arrêtées et condamnées par un tribunal de Bruxelles en 2001.

En 2001, une Cour bruxelloise a également inculpé quatre rwandais pour leurs rôles dans le génocide et les a condamné à des peines d’emprisonnement allant de 12 à 20 ans. Deux autres rwandais ont été inculpés en juin 2005 et condamnés à une peine de 10 ans d’emprisonnement.

Durant la cérémonie de remise du prix, le père Theunis a déclaré que le prix était « une sorte de réparation. A cause d’accusations infondées, mon nom a été traîné dans la boue et mon image d’activiste de la paix a été terni ».

Il a ajouté qu’il se considérait comme le représentant de « nombreux amis rwandais » qui ont dédié leur vie à la paix et à la défense des droits de l’homme.

« Certains d’entre eux, dont des anciens collègues, ont péri en raison de leur engagement. D’autres travaillent dans des conditions difficiles. Ils ne recevront peut être jamais de prix pour la paix ».

Theunis n’a fait aucun commentaire concernant son affaire, puisqu’il fait encore l’objet d’une enquête. Jusqu’à présent, aucun mandat d’arrêt n’a été décerné contre lui.

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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