Les premiers rapports faisant état du licenciement de l’ensemble du personnel du ministère des Finances sont le résultat d’une erreur d’interprétation, a déclaré Spencer Browne, le responsable du service de presse de la Présidence, dans un communiqué publié jeudi.
Tous les officiels du ministère recrutés par le gouvernement de transition sortant ont été licenciés, a précisé le communiqué, mais les autres fonctionnaires resteront en poste, en attendant qu’une enquête soit ouverte.
C’est lors d’une visite surprise mercredi au ministère des Finances que Mme Sirleaf aurait licencié sans préavis « tout le personnel », y compris les fonctionnaires, en leur annonçant par ailleurs qu’un audit financier était en cours dans le cadre de la lutte contre la corruption.
« Vous n’avez rien à craindre car si vous réussissez aux tests, vous garderez votre poste. Dans le cas contraire, vous quitterez de ce ministère », a déclaré Mme Sirleaf.
Mme Sirleaf a été investi le mois dernier dans ses nouvelles fonctions de Présidente de la République du Liberia. Dans son discours d’investiture, elle avait promis d’éradiquer la corruption qui gangrène ce pays où, malgré la richesse de ses ressources, la population vit dans une extrême pauvreté.
L’accord de paix de 2003 a mis fin à quatorze années de guerre civile au Liberia et les bailleurs internationaux, qui ont promis d’investir des centaines de millions de dollars pour aider à la reconstruction du pays, souhaitent une éradication de la corruption.
C’est la nouvelle ministre des Finances, Antoinette Sayeh, une ancienne collègue de Mme Sirleaf à la Banque mondiale, qui sera chargé de l’enquête auprès du personnel du ministère, a déclaré Mme Sirleaf.
Ces dernières semaines, les membres du gouvernement libérien sortant ont vidé leur bureau en faisant main basse sur les ordinateurs, le mobilier et même les tapis qui s’y trouvaient, avant la prise de fonction de leurs successeurs.
En début de semaine, Mme Sirleaf a vivement critiqué les anciens députés qui avaient échangé les plaques minéralogiques de leurs voitures de fonction, des 4x4 Cherokee allouées par l’Etat, contre des plaques privées. Elle a par ailleurs prévenu que son administration mènerait un audit financier et récupérerait tous les biens de l’Etat.
La croisade de Mme Sirleaf contre la corruption avait été approuvée par les bailleurs bien avant les élections présidentielles d’octobre, lorsqu’elle s’était engagée à soutenir le GEMAP - Governance and Economic Management Programme (Programme d’aide à la bonne gouvernance et à la gestion économique) -, un programme de lutte contre la corruption, élaboré par les bailleurs de fonds.
Ce programme prévoit de nommer des experts internationaux a des postes clés de la Banque centrale et dans les cinq principaux organismes d’Etat que sont le port autonome de Monrovia, l’office national des forêts, le Bureau des affaires maritimes, l’Aéroport international Robertsfield et la Société de raffinage du pétrole.
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