Le Premier ministre, Pascal Yoadimnadji, a rencontré lundi les délégués des retraités tchadiens et leur a expliqué que le gouvernement avait débloqué des fonds afin de payer leurs pensions.
« La situation des retraités est une préoccupation constante de la part du Président de la République et du gouvernement », a souligné M. Yoadimnadji.
Ces dernières semaines, des retraités ainsi que des veuves de fonctionnaires ont organisé des manifestations à N’Djaména, la capitale tchadienne, dénonçant le non paiement de leurs pensions. Les fonctionnaires tchadiens sont en grève depuis le 9 janvier, pour exiger entre autres, le paiement des pensions et des salaires.
« Nous avons clairement indiqué qu’il serait très grave que le gouvernement ne paye pas les pensions de ces personnes âgées », a indiqué Michel Barka, le président de l’UST, le principal syndicat du Tchad.
Selon lui, le paiement des arriérés des pensions des retraités serait un grand pas en avant. Mais d’après le syndicat, le gouvernement n’a réglé qu’une partie des pensions au cours des deux années précédentes, mais aucun versement n’a été effectué au titre de 2005.
« Pour nous, c’est une étape importante », a déclaré M. Barka à IRIN. « Je dirai que ça représente le plus gros morceau de nos préalables ».
Pour Jean-Baptiste Laokole, un fonctionnaire à la retraite et actuel secrétaire exécutif de la fédération syndicale des retraités et des veuves et orphelins du Tchad, cette décision « est une bonne chose ».
Mais, a-t-il ajouté, « ce que nous regrettons, c’est qu’on doit descendre dans la rue et crier pour que le gouvernement fasse ce geste ».
C’est une période particulièrement difficile pour le Tchad, un pays enclavé et pauvre, confronté à une rébellion dans l’Est, une région très instable, et qui s’efforce de régler un contentieux avec la Banque mondiale qui a suspendu tous ses prêts au gouvernement tchadien et de geler le compte séquestre de ses revenus pétroliers.
Les membres des syndicats doivent se réunir mercredi et décider de la poursuite ou pas du mouvement de grève et de l’organisation d’une marche pacifique jeudi, a déclaré M. Barka.
Il a indiqué qu’il attend de voir si le gouvernement respectera ses engagements et si l’annonce du paiement des arriérées des pensions constitue une étape importante dans la satisfaction des revendications des fonctionnaires, notamment le paiement de quatre mois d’arriérés de salaire et l’augmentation de cinq pour cent promise par le président Deby en 2004.
«On a été patients jusqu’à là. Maintenant, on attend ».
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