Mais pour l’opposition, ce projet de loi - introduit par le gouvernement du président Idriss Deby - est une initiative personnelle du président qui souhaite maintenir ses proches alliés au sein du gouvernement, en ces temps de crise.
Selon Abderamane Djasnabaille, le ministre des Affaires parlementaires et des Droits de l’homme, 131 des 155 députés tchadiens - qui appartiennent pour la plupart au parti de Deby - ont pris part au vote de lundi, et ont adopté, par 129 voix pour, 0 contre et deux abstentions, le projet de loi portant prorogation du mandat des députés.
Prévues tous les quatre ans, les élections législatives devaient se tenir en 2006, en même temps que les présidentielles. Si la loi est ratifiée par le président, les législatives seront reportées en 2007.
« Nous ne pouvons pas organiser les élections présidentielles, législatives et communales en 2006 », a déclaré M. Djasnabaille à IRIN.
« Compte tenu du contexte actuel on n’a pas l’argent pour organiser tout[es ces élections] à la fois », a-t-il ajouté, soulignant les récents problèmes que le Tchad a connu avec la Banque Mondiale, qui a suspendu tous ses prêts au pays et gelé le compte des revenus du pétrole en raison de la mauvaise gestion des autorités tchadiennes.
Mais les opposants à la prorogation du mandat des députés crient au scandale.
Pour Michel Barka, représentant du plus grand syndicat de travailleurs du Tchad et membre du Collège de contrôle et de surveillance des ressources pétrolières, M. Deby – qui est confronté à des pressions fiscales, à une opposition grandissante, à des désertions au sein de son armée et à des mouvement de grève des travailleurs - veut conserver une Assemblée nationale qui lui est favorable.
Avec 110 sièges, le Mouvement patriotique du salut (MPS) de Deby est majoritaire à l’Assemblée nationale et compte quelques alliés dans l'hémicycle.
« Il faut rappeler que c’est cette assemblée qui a modifié la constitution et la loi 001 [sur la gestion des revenus pétroliers] », a déclaré M. Barka, ajoutant que le vote de lundi n’avait pas surpris grand monde. « En réalité, le président veut bien garder ces députés pour l’aider dans ces jours difficiles ».
Au mois de décembre, le parlement avait voté une loi permettant au gouvernement d’utiliser les revenus pétroliers destinés aux générations futures ou à des projets spécifiques de réduction de la pauvreté.
M. Barka a également fait remarquer que les arguments avancés par le gouvernement et selon lesquels il ne dispose pas des fonds nécessaires à l’organisation des élections ne sont pas crédibles.
«Ces élections étaient prévues pour cette année depuis longtemps et c’est seulement maintenant qu’ils se rendent compte qu’il n’y a pas d’argent »
Comme beaucoup d’autres députés de l’opposition, Ngarlejv Yorongar a boycotté le vote de lundi.
« Nous ne voulions pas être complice à cette supercherie », a-t-il déclaré à IRIN.
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