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Annan condamne la décision du président Gbagbo de proroger le mandat de l'Assemblée nationale

Le secrétaire général des Nations unies (ONU) Kofi Annan a exprimé son mécontentement et s’est dit très préoccupé par la publication du décret du président Laurent Gbagbo autorisant la prorogation du mandat de l’Assemblée nationale ivoirienne.

Dans un communiqué publié dimanche, le secrétaire général a fait part de ses préoccupations au sujet de la publication inopinée d’un décret présidentiel concernant l’Assemblée nationale.

Ce décret intervient une semaine après que les manifestations des partisans de M. Gbagbo qui ont paralysé les principales villes du sud de la Côte d’Ivoire et fait le siège pendant quatre jours des bureaux des Nations unies (ONU). Les manifestants accusaient l’ONU d’ingérence dans les affaires intérieures du pays et exigeaient la prolongation du mandat des députés de l’Assemblée nationale, bien que celui-ci ait expiré en décembre dernier.

Les émeutes ont pris fin après la visite en Côte d’Ivoire le 18 janvier et l’intervention du président nigérian Olusegun Obasanjo, relayée par les dirigeants du FPI (Front populaire ivoirien), le parti majoritaire à l’Assemblée nationale, qui ont ordonné aux jeunes manifestants de lever les barrages et de rentrer chez eux.

Le texte du décret signé par M. Gbagbo et prorogeant le mandat de l’Assemblée nationale a été lu vendredi soir à la télévision nationale par le porte-parole de la présidence.

Le communiqué indique que la décision de M. Gbagbo fait suite aux entretiens qu’il a eu le 18 janvier avec le Premier ministre par intérim, Charles Konan Banny, et M. Obasanjo.

Il précise par ailleurs que M. Gbagbo, d’après « les conclusions tirées de ses consultations avec le Premier ministre, prend acte de ce que l’Assemblée nationale demeure en fonction avec ses pleins pouvoirs ».

Mais M. Annan a vivement désapprouvé les conclusions de M. Gbagbo, indiquant qu’elles n’étaient pas en conformité avec les informations qu’il avait reçues du président Obasanjo et de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) sur le résultat de la visite du président nigérian à Abidjan.

Le secrétaire général a par ailleurs souligné la nécessité d’éviter toute action unilatérale et rappelé que toutes les parties doivent respecter scrupuleusement la résolution 1633 du Conseil de sécurité. Il a également mis l’accent sur l’importance des décisions de l’Union africaine.

Selon certains diplomates, M. Gbagbo tenterait d’exploiter à sa faveur le problème de l’expiration du mandat de l’Assemblée nationale dans la lutte de pouvoir qui l’oppose à M. Banny, le Premier ministre par intérim, nommé par la communauté internationale pour réunifier la Côté d’Ivoire divisée en deux depuis plus de trois avant.
Depuis la tentative avortée de coup d’état contre le président Gbagbo en septembre 2002, la Côte d’Ivoire est divisée entre une région nord, occupée par les forces rebelles, et une région sud, contrôlée par le gouvernement. La zone tampon séparant les deux camps est contrôlée par les 10 000 soldats des forces onusiennes françaises de maintien de la paix.

Le mandat du président, qui a expiré en octobre dernier, a été prorogé de douze mois par la communauté internationale dans le cadre du plan de paix élaboré par le Conseil de sécurité.

M. Banny a été chargé de mettre en oeuvre le plan de paix, conformément aux dispositions de la résolution 1633, avec l’aide de l’ONUCI dont les 7 000 casques bleus participeront au désarmement des milices pro-gouvernementales et à l’organisation des élections avant le l’échéance d’octobre 2006.

Le Premier ministre s’est rendu ce week-end au Congo-Brazzaville où il s’est entretenu avec le nouveau président en exercice de l’UA, le chef de l’Etat congolais Denis Sassou Nguesso, avant de s’envoler pour l’Afrique du sud pour rencontrer le président sud-africain Thabo Mbeki, qui a aussi pris part à la médiation dans la crise ivoirienne.

Au sortir d’un long entretien avec M. Nguesso, le Premier ministre Banny a confié à la presse qu’il était convaincu que le nouveau président en exercice de l’UA aiderait à faire avancer le dossier de la crise ivoirienne, mais il n’a fait aucune déclaration concernant le décret du président Gbagbo.

Ce week-end, Charles Blé Goudé, le chef de file des Jeunes Patriotes, un mouvement de jeunes proches de Gbagbo, a menacé de « combattre » M. Banny s’il ne présentait pas un calendrier pour le désarmement dans une quinzaine de jours.

Mais Blé Goudé pourrait bien faire partie de ces personnalités ivoiriennes à l’encontre desquelles le Conseil de sécurité entend prendre des sanctions ciblées - dont l’interdiction de voyager et le gel des avoirs – pour entrave au processus de paix et incitation à la violence. En effet son mouvement était à la tête des manifestations anti-ONU qui ont eu lieu ce mois-ci.

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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