La majorité des chefs d’Etat africains sont aussi favorables à l’adoption de sanctions ciblées à l’encontre de ces personnes, même si l’Afrique du sud, important médiateur dans la crise ivoirienne, a émis quelques réserves à ce sujet, a indiqué un diplomate occidental.
Ces sanctions seront prises dans les deux ou trois prochains jours, a indiqué une source onusienne.
Quelque 400 des 1 200 employés des Nations unies et de ses agences présentes en Côte d’Ivoire seront transférés provisoirement à Banjul, en Gambie, et à Dakar, au Sénégal, et les opérations d’évacuation prendront fin samedi.
A New York, le représentant spécial des Nations unies en Côte d’Ivoire, Pierre Schori a indiqué jeudi à la presse que ces évacuations étaient une « mesure provisoire ».
« Nous avons été attaqués », a-t-il déclaré, en faisant référence aux manifestations anti-ONU de la semaine dernière qui ont paralysé Abidjan, la capitale économique du pays, pendant quatre jours et au cours desquelles les Jeunes Patriotes, un mouvement de jeunes partisans du président Laurent Gbagbo, ont exigé le départ des 10 000 casques bleus de l’ONU et des soldats français de l’opération Licorne.
Plusieurs camps militaires de l’ONU ont été attaqués par des jeunes manifestants qui ont contraint des centaines de casques bleus à battre en retraite. Par ailleurs des bureaux, des vivres et des équipements de certaines agences humanitaires ont été incendiés et pillés, rendant encore plus vulnérables les milliers de réfugiés et de déplacés qui vivent désormais dans la région instable de l’ouest du pays sans aucune assistance humanitaire.
M. Schori a par ailleurs déclaré que ces évacuations répondaient à un souci de sécurité dans le cas où des sanctions seraient prises à l’encontre des responsables des récentes émeutes en Côte d’Ivoire.
« Etant donné les messages au vitriole que nous entendons à la radio et dans les media, nous craignons qu’il n’y ait aucune amélioration de la situation dans les jours qui viennent ».
Le diplomate suédois, qui a affirmé que le personnel civil et militaire restés en Côte d’Ivoire renforçaient leurs positions, a plaidé en faveur de l’envoi de casques bleus de forces de police anti-émeutes et de matériels militaires supplémentaires.
« Nous ne disposons que de trois véhicules blindés à Abidjan », a-t-il fait remarquer.
Commentant l’éventualité d’imposer des sanctions à l’encontre des responsables des violences, M. Schori a indiqué que ces personnes ne pouvaient pas s’en tirer à bon compte.
« Je ne veux plus que ces incidents se reproduisent et j’exige que ceux qui en portent la responsabilité soient punis. Cette situation est scandaleuse. Notre quartier général a été assiégé pendant quatre jours ? C’est totalement inacceptable », a-t-il déclaré.
Cette semaine, le Conseil de sécurité a prolongé jusqu’au 15 décembre 2006 le mandat des casques bleus de l’ONU déployés en Côte d’Ivoire pour participer aux opérations de maintien de la paix, aider au désarmement et à l’organisation des élections.
Toutefois, il n’a pas suivi les recommandations de Kofi Annan, le Secrétaire général des Nations unies, qui demandait le déploiement de 4 000 casques bleus supplémentaires.
Actuellement, l’opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) dispose de 7 090 casques bleus et de 725 agents de police. Ces forces onusiennes sont appuyées par 4 000 soldats français des forces de l'opération Licorne.
Selon des sources bien informées, un accord sur l’envoi de troupes supplémentaires reste encore possible.
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