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Un ministre nie les accusations de recrutements forcés dans l’armée

Un haut représentant du gouvernement a nié les accusations selon lesquelles des raffles auraient été récemment organisées dans le but d’obliger des jeunes gens à intégrer l’armée, alors que les tensions se font de plus en plus vives dans le pays.

Des défenseurs des droits de l’homme et des opposants politiques ont indiqué que la police aurait organisé des raffles pour alimenter en nouvelles recrues une institution militaire frappée par des mouvements de désertion. Selon l’opposition, des centaines de soldats ont déserté l’armée depuis le mois d’octobre.

De leur côté, des chefs rebelles ont affirmé la semaine dernière que des factions programmaient de former un front uni pour précipiter le départ du président Idriss Deby.

Abderamane Djasnabaille, le ministre tchadien des Affaires parlementaires et des Droits de l’homme, a déclaré que les récentes arrestations n’avaient aucun lien avec un recrutement militaire, et que le gouvernement utilisait les voies officielles et normales pour recruter de jeunes militaires.

« Il y a des gens qui sont mal intentionnés, qui biaisent l’information en disant aux gens qu’on est en train de rafler vos enfants pour les emmener au front », a déclaré M. Djasnabaille, sur les ondes de la radio nationale. « Ce n’est pas vrai. Si c’était le cas nous l’aurions dénoncé. »

Il a cependant admis que la police avait agressé des personnes et en avait détenu d’autres à tort, alors que leurs papiers étaient en règle.

« C’est vrai qu’il y a des gens qui ont été agressés par les forces de l’ordre», a avoué M. Djasnabaille à IRIN vendredi, depuis N’Djamena, la capitale tchadienne.

La position gouvernementale ne semble pas donc pas avoir variée, malgré les accusations des défenseurs des droits de l’homme et des responsables de l’opposition qui affirment que la vague d’arrestations qui a commencé à la fin du mois de décembre rappelle les vagues de recrutement forcé qu’a connu le pays par le passé.

« Manifestement, c’est un recrutement forcé », a expliqué Ibni Oumar Mahamat Saleh, le président de la Coalition des partis politiques pour la défense de la Constitution, ajoutant que des pratiques similaires étaient apparues en 2002, quand une rébellion s’était déclarée à Tibesti, dans le nord du pays.

Cette position est partagée par l’avocate Jacqueline Moundeina, également responsable de l’Association tchadienne pour la promotion et la défense des droits de l’homme.

«Dès qu’une rébellion s’allume au Chaud, les raids et les arrestations suivent. Ce n’est pas la première fois qu’on voit ça ici », a-t-elle affirmé. « Ce n’est pas une question de sécurité ou de contrôle. C’est des enfants qu’on prend pour les utiliser comme chair à canon. »

Selon des sources à N’Djamena, les forces de sécurité ont effectué des raffles à travers la capitale durant la dernière semaine du mois de décembre, arrêtant des hommes jeunes, apparemment de manière aléatoire. Selon M. Saleh, des témoins ont rapporté que des gens avaient été arrêtés dans leurs maisons.

Abdoulaye Moustapha, un jeune homme de 33 ans a raconté qu’il vendait des noix de kola à l’occasion des festivités du Nouvel An, quand il s’est fait arrêté par un groupe de policiers.

« Les policiers m’ont mis dans un pick-up qui était déjà plein de jeunes gens », a-t-il raconté à IRIN. « On ne nous a même pas demandé nos pièces d’identité. Nous avons été enfermés dans les locaux de l’école nationale de la police. Nous étions nombreux - des centaines. »

Le général Moussa Haroun Tirgo, le chef de la police, a déclaré cette semaine à la presse que la police avaient interpellé au moins 300 personnes au cours d’une vague d’arrestations qui, selon lui, n’avait d’autres fins que d’arrêter les criminels de N’Djamena.

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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