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Le président Deby accuse le Soudan de tentative de déstabilisation

Le Soudan continue de fournir des armes et une aide logistique aux rebelles, malgré les nombreux mises en garde du gouvernement tchadien, a indiqué lundi le président Idriss Deby.

« Nous avons les preuves. Le gouvernement soudanais a armé et mis à leur disposition des véhicules, de la logistique, des moyens de communication », a déclaré M. Deby sur les ondes de Radio France Internationale.

« Le Soudan est complice ».

Selon M. Deby, un groupe de rebelles tchadiens est installé en territoire soudanais, à quelque 200 kilomètres de la frontière.

« Nous avons demandé officiellement au gouvernement soudanais de nous donner le droit de poursuite, mais il a refusé ».

Ancien officier de l’armée, devenu président de la république du Tchad, M. Deby est, depuis longtemps, confronté à des dissensions au sien de l’armée.

En Octobre dernier, il a dissous le corps de la garde présidentielle quelques jours après que plusieurs soldats aient déserté leur poste à N’djamena, la capitale, pour se réfugier dans l’Est du pays, une région abritant de nombreux rebelles. Et début novembre, M. Deby a procédé à un profond remaniement au sein de la hiérarchie militaire du pays.

Selon M. Deby, certains éléments du groupe de déserteurs– baptisé le SCUD ou ‘Socle pour le changement, l’unité nationale et la démocratie’ – sont impliqués dans la tentative de coup d’Etat de mai 2004.

Pour lui, il s’agit d’un mouvement insignifiant auquel il ne faut pas donner trop d’importance.

« C’est une aventure sans lendemain – un petit groupe d’aventurier », a ajouté M. Deby.

Mais d’après le chef autoproclamé du SCUD, Yaya Dilo Djerou, son groupe compte plus de 700 membres.

M. Deby s’est montré très ferme à l’égard de ce mouvement indiquant que tout tentative de déstabilisation sera sévèrement réprimée.

« Toute action qui remettrait en cause les institutions de la République sera combattue de la manière la plus forte possible », a-t-il précisé.

En début d’année, M. Deby avait déjà accusé le Soudan de soutenir un mouvement rebelle de 3000 hommes.

Les bureaux de l’ambassade du Soudan à N'djamena étant fermés lundi – jour férié au Soudan – il n’a pas été possible d’obtenir une réaction des autorités consulaires tchadiennes aux propos de M. Deby.

La région Est du Tchad est frontalière du Darfour, une région du Soudan en proie depuis deux ans à une rébellion. Le conflit du Darfour a souvent eu des prolongements sur le territoire tchadien et mis M. Deby dans une position bien délicate.

Arrivé au pouvoir en 1990, avec le soutien du Soudan, M. Deby a ensuite remporté les élections présidentielles de 1996 et 2001. Membre de l’ethnie Zaghawa, il a souvent été critiqué par les militaires tchadiens de ce groupe ethnique pour n’avoir pas fait plus pour aider les Zaghawa d’origine soudanaise dans leur lutte contre le gouvernement de Khartoum et ses milices dans le conflit du Darfour.

La semaine dernière le gouvernement soudanais a accusé le Tchad de soutenir la rébellion dans le Darfour.

Mais lundi, M. Deby a rejeté ces accusations : « Nous n’avons jamais entrepris une action pour déstabiliser le Soudan. Par contre, j’ai eu à dire directement, et à plusieurs reprises, au [président soudanais], le général El-Bashir, de mettre tout en œuvre pour éviter que le Tchad soit déstabilisé ».

M. Deby intervenait sur les ondes de RFI deux jours après que le gouvernement tchadien ait distribué puis retiré un communiqué faisant état d’une attaque des rebelles dans l’est du Tchad. Selon certaines sources, le gouvernement avait indiqué que des rebelles avait lancé une attaque près de la ville de Guereda et emporté un véhicule et des armes.

Pour le ministre de la Communication, Moussa Hourmadji Doumgor il n’y a eu ni attaque ni communiqué.

« Il n’y avait rien du tout …Il n’y avait pas de communiqué du gouvernement ».

Mais un site web de l’opposition publiait le 27 novembre un communiqué du SCUD indiquant que l’attaque des déserteurs contre les forces gouvernementales dans la région de Guereda, avait causé « de nombreuses pertes humaines et matérielles », mais sans donné d’autres précisions.

M. Deby a accusé le Soudan d’être responsable de ces tentatives de déstabilisation et a conclu son intervention sur RFI en disant : « Je souhaite que, dans le cadre d’un dialogue de voisinage, dans le cadre de l’UA, nous trouvions une solution pour que le Soudan épargne le Tchad de toute déstabilisation ».

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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