Bichara Issa Djadallah a affirmé que son gouvernement déplorait que les déserteurs puissent opérer avec la complicité des autorités soudanaises accusées par le Tchad d’aider les rebelles tchadiens.
« Nous déplorons que sous les yeux bienfaisants des autorités locales du Darfour, ceux-ci ont constitué une alliance avec l’opposition armée (tchadienne) installée et entretenue par les autorités soudanaises depuis longtemps au Darfour », a déclaré mardi M. Djadallah sur les ondes de la radio nationale.
« Compte tenu de cette situation, le gouvernement tchadien se réserve le droit de poursuite », a-t-il ajouté.
M. Djadallah a invité les soldats – qui avaient déserté l’armée à la mi-octobre et s’étaient réfugiés dans l’est du pays – à « renoncer à cette aventure périlleuse » et à déposer leurs armes, puisque « le gouvernement tchadien est disposé à les entendre ».
Après avoir refusé d’engager des discussions avec des émissaires du gouvernement, la semaine dernière, les déserteurs exigent désormais la démission du président Idriss Deby.
Le gouvernement a affirmé à plusieurs reprises que l’armée tchadienne contrôlait totalement la situation dans l’est du pays, mais cette fois-ci le ministre de la défense Djadallah a confirmé que cette “nième aventure militaire est terminée".
Mais selon certains analystes, la récente décision de M. Deby de dissoudre sa garde présidentielle semble indiquer que la situation est loin d’être maîtrisée.
M. Djadallah a affirmé que les déserteurs, qui sont 86 environ, se trouveraient à une centaine de kilomètres de la frontière soudanaise, au sud de Koulbous et au nord d’El-Geneina.
Il a en outre précisé que certains déserteurs avaient trouvé refuge au Soudan le mois dernier pour échapper aux poursuites engagées par l’armée tchadienne.
Le conflit du Darfour a eu, de temps à autres, des prolongements en territoire tchadien. Et M. Deby – qui a pendant longtemps fait face à des dissensions au sein de son armée – a accusé l’année dernière le Soudan de soutenir un mouvement rebelle tchadien de 3000 hommes.
Les nouveaux déserteurs, réunis au sein d’un mouvement baptisé Socle pour le changement, l’unité nationale et la démocratie, et leur leader autoproclamé, Yaya Dillo Djerou, ont fait savoir qu’ils étaient plus de 700, mais n’ont pas souhaité donner de chiffre précis.
Pour M. Djerou, l’intervention du ministre de la Défense tente de minimiser l’importance du problème des déserteurs.
« C’est pour déformer la réalité et démontrer à la communauté internationale que notre action n’a aucune importance », a déclaré M. Djerou.
Selon lui, le groupe est « dans une phase d’organisation » sur le plan politique et militaire. « Nous ne nous inquiétons pas de ces propos fantaisistes du gouvernement ».
D’après le ministre de la Défense, M. Djadallah, si les déserteurs ont des revendications politiques, l’opposition armée n’est pas la solution.
« S’ils ont des ambitions, qu’ils troquent la tenue militaire contre un habit de politiciens et qu’ils descendent dans l’arène politique ».
Les déclarations de M. Djadallah interviennent quelques jours après la décision de M. Deby de dissoudre sa garde présidentielle, un corps comprenant près de 5000 hommes, et de créer une unité d’élite de 1 640 soldats.
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