Mardi, la Cour suprême a jugé recevable le recours en appel de deux présidentiables dont la candidature avait été invalidée à la mi-août par la Commission électorale nationale en raison de erreurs contenues dans leur dossier d’inscription.
Alan Doss, le chef de la mission de l’ONU au Liberia (UNMIL) a reconnu que cette décision pourrait avoir une incidence sur la tenue du scrutin qui devait avoir lieu le 11 octobre.
« J’attends d’avoir les conclusions écrites du jugement » a-t-il déclaré mercredi, lors d’une conférence de presse. « Elles ont un impact sur le chronogramme des élections. « Nous en sommes conscients et allons maintenant rencontrer nos partenaires de l’ICGL pour discuter de leurs implications éventuelles ».
L’ICGL ou Groupe international de contact sur le Liberia comprend les Etats unis, la Grande-Bretagne, l’Union Européenne, et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO).
La Cour suprême du Liberia a décidé que deux candidats indépendants – Marcus Jones et Cornelius Huner – ainsi qu’un autre candidat indépendant briguant un siège à la chambre basse, n’avaient pas eu assez de temps pour rectifier les erreurs contenues dans leur dossier d’inscription.
La Cour a ordonné qu’on leur accorde sept jours pour effectuer les corrections nécessaires et une fois ces dernières effectuées conformément aux instructions de la commission électorale, de nouveaux bulletins de vote portant leurs noms seront distribués dans l’ensemble du pays.
Quelques heures avant la décision de la Cour, la Commission électorale nationale avait annoncé triomphalement que tous les bulletins de vote avaient été distribués à travers le Liberia. Ce pays de forêt tropicale compte de nombreuses régions reculées qui sont difficiles d’accès, particulièrement pendant la saison des pluies.
«Il n’est pas possible de reporter la date des élections », a déclaré Frances Johnson-Morris, la présidente de la Commission électorale nationale.
Quelques instants après le prononcé du verdict de la Cour, les avis sur le respect de l’échéance électorale étaient moins tranchés.
« Avec la décision de la Cour suprême, il est clair que nous ne sommes plus certains de pouvoir respecter l’échéance du 11 octobre si nous appliquons cette décision de justice», a déclaré Mme Johnson-Morris.
Mercredi, les membres de la Commission électorale s’étaient réunis pour décider de la marche à suivre. Elle devrait publier un communiqué jeudi.
« Accepter la décision de la Cour suprême signifierait que le scrutin du 11 octobre pourrait être reporté à une date ultérieure car tous les bulletins de vote devront être réimprimés », a confié a IRIN l’un des membres de la Commission qui a préféré garder l’anonymat.
Cependant, ce dernier n’a pas écarté l’éventualité d’un compromis avec les trois candidats indépendants.
M. Jones, un avocat de formation et l’un des candidates repêché, a demandé à la Commission d’appliquer la décision de la Cour. Il a en outre fait savoir que le retard dans le lancement de sa campagne électorale ne lui posait aucun problème.
« Je vais devoir voyager a l’intérieur du pays pour débattre avec mes militants de la décision de la Cour », a t-il indiqué à la presse mercredi.
Vingt-deux candidats officiels briguent le poste de président de la république, dont George Weah, ancienne légende du football reconvertie à la politique, et Ellen Johnson-Sirleaf, ancienne économiste à la Banque Mondiale.
Les élections sénatoriale et législative doivent se tenir le même jour et une autre décision de la Cour suprême, à propos des bulletins de vote pour le choix des sénateurs, pourrait également entraîner un report de ces élections, ont indiqué des représentants de la Commission.
La semaine dernière, la Cour avait rendu un avis favorable à la pétition de la Coalition des transformateurs du Liberia qui exigeait que les électeurs puissent choisir deux candidats plutôt qu’un, sur leur bulletin de vote, puisqu’il s’agit d’élire deux sénateurs originaires de chacun des 15 comtés du Liberia.
Le chef de la Commission électorale nationale, Mme Johnson-Morris a déclaré que la décision était un « défi majeur » pour la Commission car faire comprendre aux électeurs, souvent illettrés, les modifications apportées aux bulletins de vote serait une « tâche ardue » dans un délai d’à peine deux semaines.
« Si nous ne sommes pas en mesure d’appliquer la décision, nous pouvons avoir recours a des médiateurs” a t-elle déclaré à la presse mardi.
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