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Une alternative au projet anti-corruption LEGAP des bailleurs internationaux

Le gouvernement de transition du Liberia a déclaré vendredi qu’il avait élaboré une contre-stratégie, destinée à améliorer la transparence financière et à attirer des aides économiques, afin de contrecarrer le projet des bailleurs de fonds qui prévoyait de nommer des experts étrangers à des postes clés de l’administration libérienne pour lutter contre la corruption et les détournements de fonds.

Selon les autorités, le document sera d’abord examiné par les ministres des Affaires étrangères des pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et les représentants des bailleurs lors d’une assemblée qui se tiendra mardi à Niamey, la capitale nigérienne. Il sera ensuite soumis à l’approbation du Conseil de sécurité des Nations unies, a indiqué William Allen, le porte-parole du gouvernement.

Les propositions des bailleurs, dont IRIN a obtenu copie le mois dernier, ont causé des remous au sein de la classe politique libérienne pour qui, ces propositions nuiraient gravement à la souveraineté de l’Etat.

Le projet, intitulé LEGAP (Liberian Economic Governance and Action Plan – Plan d’action et de bonne gouvernance économique du Liberia), prévoyait de confier à des institutions étrangères, la gestion des grandes entreprises publiques, telles que le port de Monrovia, l’aéroport international Roberts et le groupe pétrolier national. Le LEGAP prévoyait également de nommer des experts financiers étrangers à des postes clés du gouvernement afin de contrôler les recettes et les dépenses publiques. Les bailleurs ont également proposé de nommer des juges étrangers auprès des tribunaux libériens afin de redresser le système judiciaire.

Toutefois, selon Allen, les autorités ont rejeté ce projet, qui préconise un contrôle rigoureux des affaires de l’Etat.

« La nouvelle version proposée par le gouvernement, et intitulée aussi le LEGAP (Liberia Economic Governance Assistance Plans - Plans d’aide à la bonne gouvernance économique), diffère très peu du LEGAP initial », a-t-il déclaré. « Certes, nous avons besoin d’une assistance technique pour faire fonctionner nos institutions. Mais nous n’avons pas besoin que des étrangers viennent gérer nos ressources à notre place. »

Le général Abdulsalami Abubakar, ancien chef d’Etat militaire du Nigeria qui avait mis un terme à 14 ans de guerre civile au Liberia en négociant l’accord de paix de 2003, a déclaré à la presse de Monrovia jeudi que la CEDEAO n’avait pas encore émis d’opinion définitive sur les propositions du LEGAP.

« La CEDEAO souhaite que les recettes de l’Etat soient gérées de manière transparente et responsable, dans l’intérêt du peuple libérien », a-t-il déclaré, sans toutefois expliquer ce qu’il faut faire pour y parvenir.

Les bailleurs internationaux, notamment les Etats-Unis, l’Union européenne et les Nations unies, ont élaboré le projet LEGAP pour résoudre ce qu’ils qualifient de « corruption systémique et endémique » au sein d’un Liberia d’après-guerre.

Selon une source ouest-africaine proche des bailleurs, certains Etats membres de la CEDEAO tels que le Nigeria ou le Ghana appréhendent l’approbation du projet LEGAP. Ceux-ci craignent en effet que ce projet ne crée un précédent, au détriment d’autres gouvernements de la région, qui pourraient eux aussi perdre une partie de leur souveraineté en se voyant imposer un contrôle strict de la part de la communauté internationale.

Le gouvernement de transition du Liberia, dominé par des représentants des anciennes factions armées, devra transmettre les rênes du pouvoir à un gouvernement civil à la suite des élections parlementaires et présidentielles du 11 octobre.

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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