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Tensions politiques et détournement : l’affaire Idrissa Seck

Soupçonné de détournement dans l’affaire des chantiers de Thiès, Idrissa Seck, l’un des politiciens les plus populaires du Sénégal, également candidat favori à la présidence, a été interrogé par la police vendredi, sur l’ordre de son ancien mentor, le président Abdoulaye Wade.

Seck, 46 ans, est le secrétaire général adjoint du Parti démocratique sénégalais (PDS), le parti de Wade. Il a également occupé la fonction de Premier ministre de novembre 2002 à avril 2004, date à laquelle il s’est brouillé avec le président.

Interrogé toute la journée de vendredi par la Direction des investigations criminelles (DIC), Idrissa Seck a dû répondre aux accusations faisant état d’un présumé détournement de deniers publics dans l’affaire des chantiers de Thiès, un projet de développement urbain.

La police a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les centaines de sympathisants de Seck descendus dans les rues de la capitale pour soutenir ce dernier alors qu’il se rendait aux locaux de la DIC.

De nombreux manifestants scandaient « Idy président ! », un détail qui montre bien que le fossé ne cesse de se creuser entre Seck et Wade, à quelques mois des élections parlementaires et présidentielles, qui auront lieu respectivement en 2006 et 2007.

En Afrique de l’Ouest, une région instable, le Sénégal est considéré comme un havre de paix, un véritable foyer de stabilité et de démocratie. Depuis son indépendance, en 1960, l’ancienne colonie française est dirigée par un gouvernement civil et a toujours conservé un système politique multipartite.

Cette semaine, Wade, qui a aujourd’hui 79 ans, a accusé son ancien ami d’avoir dépensé des sommes colossales pour moderniser les routes de Thiès, la deuxième ville sénégalaise, dont Idrissa Seck est le maire.

Le président sénégalais a accusé son ex-bras droit d’avoir dépensé 46 milliards de francs CFA (92 millions de dollars américains) pour les travaux – près du double des 25 milliards initialement prévus (50 millions de dollars américains).

« Il faut qu’il explique aux Sénégalais comment l’argent a été utilisé. Il n’y aura alors aucun problème », a déclaré le président Wade.

M. Seck a réfuté l’allégation selon laquelle il aurait détourné une partie de la somme affectée au projet, tout en déclarant qu’il n’avait pas peur de la prison.

« La prison est souvent le chemin vers le palais [présidentiel] », a-t-il déclaré aux médias, en citant l’exemple de Nelson Mandela et de Wade lui-même, qui avait passé du temps derrière les barreaux pendant les 40 années de régime socialiste avant de se faire élire à la présidence en 2000.

« Je ne suis pas malade et je ne me suiciderai pas », a déclaré Idrissa Seck, qui n’a pas caché son désir de devenir un jour chef de l’Etat.

« I was born to be president » (« Je suis né pour être président »), explique l’ancien homme d’affaires sur son site Internet.

Mais Seck a également réitéré son engagement à ne pas se présenter aux élections présidentielles face à Wade.

Le président actuel n’a pas encore fait savoir s’il se présentera une seconde fois.

« Soyez patients. La situation ne dépend pas de moi. Cela dépend de mes réalisations », a déclaré Wade, au cours d’une entrevue récente sur France 3, une chaîne de télévision française.

Néanmoins, il a promis que son fils Karim, un ancien banquier qui est aussi son proche collaborateur, ne lui succèderait pas.

Seck, qui fréquente Wade depuis ses 15 ans, exerce une forte influence sur la vie politique sénégalaise. Numéro deux du PDS depuis 1998, il a dirigé une coalition menée par son parti lors des élections législatives de 2001. Cette coalition avait remporté 89 des 120 sièges de l’Assemblée nationale.

Mais des dissensions internes ont miné le PDS cette année, lorsque 12 parlementaires proches de Seck ont décidé de quitter la coalition de la majorité présidentielle.

A la suite de cette décision, le domicile de Seck a été attaqué et un responsable du mouvement des étudiants pro-PDS a été poignardé au cours de violents affrontements politiques, un événement relativement rare au Sénégal.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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