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Obasanjo relance les pourparlers de paix avec les rebelles du Darfour

Le président nigérian Olusegun Obasanjo a rencontré les leaders des deux principaux mouvements rebelles dans la région du Darfour pour tenter de relancer les pourparlers de paix, qui s’étaient embourbés à la suite de scissions au sein des groupes rebelles.

Obasanjo étant actuellement le président en exercice de l’Union africaine (UA), le gouvernement nigérian accueille en ce moment à Abuja les négociations pour la paix entre les rebelles et le gouvernement soudanais au nom de l’institution continentale.

L’Union africaine a déclaré vendredi qu’Obasanjo était personnellement intervenu jeudi pour « faire avancer » les négociations, participant ainsi aux « efforts répétés » déjà entrepris dans ce sens.

Les derniers pourparlers, entamés le 10 juin, n’ont guère abouti jusqu’à présent. Selon les médiateurs, les parties avancent péniblement vers une déclaration de principe. Les médiateurs ont toutefois averti qu’un conflit au sein même des deux groupes rebelles pourrait entraîner le non respect de tout accord éventuel.

Toujours d’après les médiateurs, les leaders de l’Armée de libération du Soudan (SLA), le plus important des deux groupes rebelles, se sont séparés : certains membres ont fait allégeance au président Abdel Wahed Mohamed al-Nour, d’autres se sont ralliés au secrétaire général, Minni Minnawi.

Les deux hommes sont arrivés à Abuja, il y a trois semaines, à l’occasion des pourparlers de paix sur le Darfour, qui ont repris après six mois d’interruption. Minnawi est néanmoins reparti précipitamment.

Les sympathisants de Minnawi, qui contrôlent, selon eux, la principale force de combat du Darfour, ont par la suite dénoncé Nour, l’actuel leader de l’équipe de négociation de la SLA à Abuja. Ils affirment que Nour ne les représente plus et qu’ils ne seront pas tenus de respecter les accords conclus par celui-ci au Nigeria.

Des conflits semblables ont gangrené le Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM), l’autre groupe rebelle, moins important en terme d’effectif.

Un groupe qui affirme représenter les chefs de guerre de la JEM a rejeté l’autorité du leader Khalil Ibrahim. Mohamed Salih Hamid, l’un des chefs de guerre, se trouve actuellement à Abuja mais n’a pas été autorisé à participer aux négociations.

« Nous ne pouvons désormais accepter aucune modification des représentations », a déclaré vendredi l’un des médiateurs de l’UA. « Nous devons nous en tenir à ceux qui ont été nos interlocuteurs depuis le début du processus ».

L’équipe de médiation de l’Union africaine, dirigée par Salim Ahmed Salim, ancien ministre des Affaires étrangères tanzanien, tente péniblement de parvenir à un accord pour mettre un terme au conflit du Darfour, qui dure depuis février 2003.

Ce conflit oppose les troupes du gouvernement soudanais et les milices arabes aux rebelles, qui luttent pour mettre fin à « la marginalisation » et à « l’oppression » dont souffrent les populations du Darfour, une région semi-désertique de la superficie de la France.

Pour les Nations unies, la situation au Darfour est la crise humanitaire la plus grave du monde. Selon l’organisation, le conflit aurait fait quelque 180 000 victimes et deux millions de déplacés.

Les négociations entre Khartoum, la SLA et la JEM ont été dans l’impasse en décembre, les parties s’accusant mutuellement d’avoir violé le cessez-le-feu.

Après bien des querelles, les médiateurs de l’UA sont parvenus à engager de nouveaux pourparlers le mois dernier.

Néanmoins, les nouvelles négociations ont mal tourné presque immédiatement, en raison d’un désaccord entre les parties sur la présence éventuelle de représentants du Tchad et de l’Erythrée lors des pourparlers.

La JEM accuse le Tchad de soutenir Khartoum, tandis que la délégation du gouvernement soudanais affirme que l’Erythrée est le principal soutien des rebelles.

Les médiateurs de l’UA n’ont pas encore pris de mesure officielle concernant ces plaintes. Ils ont préféré tenir des sessions individuelles. Ils sont parvenus à convaincre les parties d’examiner et d’évaluer un projet visant au partage des richesses et du pouvoir entre le gouvernement central de Khartoum et les six millions d’habitants de la région du Darfour.

Mais les négociations avancent lentement.

Vendredi dernier, le Nigeria a déployé son premier contingent de soldats pour renforcer les forces de l’UA actuellement postées au Darfour. Au total, 2 000 soldats nigérians seront déployés dans la région.

Les leaders de l’UA avaient voté le déploiement de ces renforts en avril dernier. Ils espèrent que les effectifs supplémentaires transformeront ce qui n’est actuellement qu’une force de maintien du cessez-le-feu aux effectifs restreints en une force plus puissante, capable de protéger les civils.

Ce premier contingent de 142 soldats nigérians a pris l’avion vendredi dernier, depuis la base militaire de Kaduna, une ville du nord du pays, pour se rendre dans la région du Darfour.

Selon le Brigadier général Ganiyu Adewale, le porte-parole de l’armée nigériane 500 soldats supplémentaires prendront l’avion à destination du Darfour cette semaine pour compléter l’effectif global du premier bataillon.

« Un autre bataillon (680 soldats) partira en août, et par la suite, un dernier bataillon rejoindra les deux premiers”, a déclaré Adewale.

Les soldats nigérians font partie des 5 300 soldats qui seront déployés pour renforcer les forces de l’UA déjà présentes sur le sol soudanais. Ces dernières compteront 7 700 soldats au terme du déploiement.

Le Rwanda et le Kenya doivent également contribuer au renforcement des forces de l’UA.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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