La prolongation des sanctions a été approuvée à l’unanimité lors de la réunion du Conseil de sécurité qui s’est tenue à New York mardi. L’embargo sur les diamants, le bois et l’armement sera maintenu jusqu’au 21 décembre 2005, tout comme l’interdiction de voyager imposée à l’ancien président Charles Taylor et à sa famille.
Un rapport accablant, remis au Conseil de sécurité par un groupe d’experts des Nations unies, mentionnait l’incapacité du gouvernement à interdire l’exploitation forestière et minière illégale, l’ingérence continue de l’ancien chef militaire et président Taylor dans les affaires de l’Etat, ainsi qu’une série de contrats secrets signés récemment par le gouvernement.
Le bois et les diamants sont les atouts majeurs du Liberia. Le Conseil de sécurité a toutefois interdit l’exportation de diamants libériens en 2001, et celle du bois deux ans plus tard, après avoir découvert que Charles Taylor, alors président, utilisait les devises obtenues en échange de ces matières premières pour acheter des armes et alimenter le conflit en Afrique de l’Ouest.
« L’embargo sur les ventes de diamants libériens devient rapidement inefficace : les mineurs exercent leur activité sans égard pour les autorités nationales et les Nations unies », selon le rapport des experts.
Ceux-ci ont en outre mis en garde contre le commerce illégal. En pleine expansion au Liberia, cette pratique lucrative, à laquelle se livrent les ex- combattants de la guerre civile, qui avait duré 14 ans, pourrait faire renaître les conflits.
Devant l’incapacité des autorités à interdire l’exploitation forestière et minière, les experts ont exhorté celles-ci à engager des sociétés de renommée internationale pour se charger de cette tâche.
« Le gouvernement de transition national n’a pas les capacités nécessaires pour un tel contrôle. De même, cette tâche ne fait pas partie du mandat de la Mission des Nations unies au Liberia (MINUL), qui ne dispose pas des troupes requises pour s’en charger », indiquait le rapport.
Les experts ont également suggéré d’étendre le mandat de la MINUL pour lui permettre de maintenir l’ordre dans ces domaines.
Le rapport affirme également que l’ancien président Taylor est « suspecté de soutenir plusieurs candidats à la présidence, afin de s’assurer la présence de ses sympathisants au sein du prochain gouvernement libérien ».
Les élections du 11 octobre prochain seront les premières depuis la fin de la guerre, et l’exil de Taylor au Nigeria, en 2003. Plus de 50 candidats sont annoncés.
Autre point de contention : la signature, dans le plus grand secret, d’un contrat avec la West African Mining Corporation (WAMCO) portant sur l’exploitation de diamants libériens. Le contrat, financé à 90 pour cent par une société d’investissement londonienne, permettrait à WAMCO de détenir le monopole de l’exploitation de diamants au Liberia.
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