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Le ministre rejette les critiques sur « le rapatriement forcé »

Le gouvernement rwandais a rejeté les allégations, jugées infondées, du Secrétaire général Kofi Annan et de l’agence de l’ONU pour les réfugiés (HCR), selon lesquelles le Rwanda et le Burundi auraient enfreint les conventions internationales sur les réfugiés en rapatriant de force des milliers de Rwandais, qualifiés d’immigrants illégaux, qui avaient fui au Burundi.

« La majorité de ces personnes ont fui au Burundi de crainte d’être traduites devant les juridictions traditionnelles Gacaca et ce n’est pas au HCR de s’occuper de telles personnes », a déclaré à IRIN mercredi Protais Musoni, ministre rwandais de l’Administration locale.

Kofi Annan et le HCR ont dénoncé mardi le rapatriement des Rwandais comme étant une violation de la Convention des Nations unies sur les réfugiés de 1951, qui engage les Etats à respecter les droits de ces personnes.

Musoni a néanmoins affirmé que le rapatriement avait eu lieu en présence de représentants du HCR, qui ont admis que l’opération avait été menée avec le consentement des populations migrantes après une campagne de sensibilisation du gouvernement et des populations locales.

Le HCR a déclaré que les gouvernements rwandais et burundais leur avaient refusé l’accès au site de transit de Songore, dans la province de Ngozi dans le nord du Burundi, où avaient été rassemblés les Rwandais. Selon l’agence de l’ONU, les deux pays ont procédé au rapatriement « en dépit d’un appel répété à la modération » et à la recherche d’une solution constructive ».

Musoni a déclaré que le HCR avait considéré les Rwandais comme des demandeurs d’asile alors qu’il s’agissait de fugitifs fuyant les juridictions Gacaca, un système judiciaire que le Rwanda a introduit pour accélérer le jugement de personnes suspectées d’être impliquées dans le génocide de 1994.

Le gouvernement a fait savoir qu’il ne questionnerait pas les réfugiés et les aiderait à réintégrer leur domicile. La plupart des réfugiés rwandais ont été transportés en camion jusqu’à leur lieu de résidence, dans la province de Butare.

Au même moment, Musoni a indiqué que le gouvernement rwandais transporterait les proches des Rwandais restés au Burundi pour les inciter à retourner chez eux.

En ce qui concerne les quelque 7 000 Burundais qui ont fui au Rwanda, eux aussi déclarés immigrants illégaux par les deux gouvernements, Musoni a dit qu’il les encouragerait à retourner chez eux si les autorités burundaises en venaient à les persuader de quitter le Rwanda.

« Je n’aurais aucun problème à ce que les autorités burundaises viennent persuader ses ressortissants de repartir. Je les encouragerais, même! », a déclaré Musoni.

Les demandeurs d’asile rwandais, qui affirmaient craindre les juridictions Gacaca, sont arrivés au Burundi à partir de mars.

Plus de 937 000 Rwandais, principalement des Tutsis et des Hutus modérés, ont perdu la vie durant le génocide de 1994.

Les juridictions Gacaca sont une version réinventée d’un système de justice communautaire traditionnel. Elles ont été crées, d’une part, pour accélérer le jugement de milliers de personnes suspectées de génocide, en attente d’une audition devant la cour de justice classique, et d’autre part, pour permettre la comparution de centaines de milliers d’autres suspects.

Le HCR exhorte le Burundi à cesser le rapatriement forcé.

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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