Le CILSS, comprenant des représentants de neuf pays et des principales agences alimentaires internationales comme le Programme alimentaire mondial et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a indiqué que le bilan céréalier sous-régional laissait apparaître un excédent net de 85 000 tonnes de céréales malgré un déficit de 77 100 tonnes pour les céréales sèches comme le mil et le sorgho.
Le Niger et le Tchad, avec un déficit céréalier de respectivement 223 500 tonnes et 216 900 tonnes, comptent parmi les pays les plus touchés par la crise.
«Localement, il y a des difficultés d’accès à la nourriture dus à une baisse de la production, mais surtout à cause des prix élevés. Cela ne veut pas dire qu’il y a une famine, mais que les populations s’appauvrissent et ne peuvent plus acheter de nourriture», explique Brahima Sidibé, chef du département d’information du centre AGRHYMET de Niamey, au Niger.
«Les prix sont plus élevés à ceux qu’on avait constaté un an auparavant », a expliqué Salif Sow de Fews Net, le réseau de surveillance de USAID.
Le prix des céréales ont considérablement augmenté au cours de la saison agricole, notamment à cause des informations contradictoires et souvent très pessimistes sur les perspectives de récoltes de 2004 alors que sévissait l’invasion acridienne.
La hausse des prix serait de l’ordre de 40 à 100% selon les localités indique Sow.
Les pluies précoces du mois mai ont permis une stabilisation des prix voire une diminution dans certaines zones du Niger, du Sénégal et du Burkina Faso, a cependant conclu le CILSS. Mais la crise demeure au Mali et au Niger malgré des opérations de vente à prix réduit et des opérations «vivres contre nourriture».
« Il faut renforcer les actions pour soutenir les populations vulnérables », estime Amadou Mactar Konaté, expert du CILSS.
Plus de trois millions de nigériens risquent d’être confrontés à une grave crise alimentaire avant la récolte d’octobre, selon le gouvernement. Selon Oxfam, une organisation non-gouvernementale, quatre millions de personnes seront probablement confrontées à une crise humanitaire dans les trois pays du Sahel.
« L’invasion acridienne de 2004 et la faible pluviométrie a entraîné vers une crise alimentaire chez les éleveurs nomades et les agriculteurs sédentaires du nord du Mali, du Niger et de la Mauritanie», a indiqué Oxfam.
«Outre une aide alimentaire immédiate, il importe de distribuer urgemment des semences et du matériel agricole pour permettre aux populations de procéder dès à présent aux ensemencements pour qu’elles puissent récolter des céréales en octobre et assurer leur stock alimentaire pour l’année prochaine.
Par ailleurs, la situation acridienne est jugée «globalement calme», malgré la présence d’individus immatures au Burkina Faso et au Mali, mais surtout au sud du Niger dans la région de Zinder.
«Seuls le Mali et le Burkina Faso ont signalé le passage d’essaims. Au Niger, on a signalé la présence de jeunes criquets au sud, mais le traitement antiacridien est commencé», explique Sidibé de AGRHYMET.
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