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Obasanjo nomme des médiateurs indépendants pour réconcilier Shell et les Ogonis

Le gouvernement nigérian vient de nommer plusieurs médiateurs indépendants pour mettre un terme au différend qui oppose la compagnie pétrolière internationale Royal Dutch/Shell et la communauté ogonie qui a contraint la compagnie à suspendre ses opérations dans la région pétrolifère du delta du Niger il y a 13 ans.

Le président Olusegun Obasanjo a choisi Matthew Kukah, un prête catholique nigérian très respecté, pour “faciliter” les négociations entre Shell, le Mouvement pour la survie du peuple ogoni (MOSOP), un groupe d’activistes minoritaire et d’autres leaders ogonis, a indiqué un communiqué publié mardi dernier par le cabinet du président.

Dans sa mission, Kukah sera aider par le Centre international pour la réconciliation (ICR), une organisation britannique. Ensemble, ils tenteront de mettre fin au conflit né des allégations des Ogonis qui accusent la société Shell d’avoir pollué leur territoire et opprimé leur peuple à travers ses activités d’exploitation de pétrole.

Instrumentalisées par le MOSOP et l’écrivain Ken Saro-Wiwa, de violentes manifestations ont contraint la société Shell a fermé ses puits de pétrole dans la région ogonie en janvier 1993. Ces puits produisaient près de 28 000 barils de pétrole par jour.

Saro-Wiwa a été pendu en 1995 avec huit autres défenseurs de la minorité ogonie sur les ordres de l’ancien dictateur nigérian, le général Sani Abacha. Saro-Wiwa était accusé d’avoir fait assassiner quatre responsables politiques rivaux, mais le procès a largement été condamné et considéré comme truqué.

Selon Obasanjo, la récente tentative de conclusion d’un accord de paix entre la société Shell et les représentants ogonis s’inscrit dans le cadre des efforts que les autorités déploient pour mettre fin aux différents conflits qui secouent le Nigeria, le pays le plus peuplé pays d’Afrique avec une population de plus de 126 millions d’habitants.

"Sans la paix, il ne peut y avoir de développement” a expliqué le chef d’Etat nigérian. Je souhaite de tout cœur mettre fin à ce conflit en territoire ogoni afin de créer le cadre approprié au développement de la région”, a ajouté Obasanjo.

Mais les précédentes tentatives de négociation de paix entre les deux parties se sont heurtées aux exigences du MOSOP qui demandaient la restitution des terres ogonies et au fait que Shell a fermé ses puits de pétrole dans la région. Le leader du MOSOP, Ledum Mitee, est resté très prudent en apportant son soutien aux récents efforts de paix du gouvernement.

"Il est important que les gens considèrent cette volonté de négociation comme étant uniquement une première étape dans le processus de réconciliation”, a indiqué Mitee dans un communiqué en réponse à l’annonce du gouvernement.

“Nous avons toujours dit que nous étions ouverts au dialogue et que nous voulions connaître les propositions du gouvernement et de Shell pour réparer les préjudices subis par la région ogonie et son peuple", a-t-il ajouté.

Selon Mitee, tout véritable processus de réconciliation doit tenir compte des recommandations des Nations unies, de la Commission africaine des droits de l’homme et des rapports d’enquête nigérians qui apportent la preuve que “durant des années, il y a eu des exécutions extra-judiciaires, une occupation militaire, des viols, des pillages et même l’exécution de quatre de nos dirigeants”.

Mais les représentants de la société Shell se sont montrés plus enthousiastes.

“Nous continuerons à tout mettre en œuvre pour garantir une réconciliation durable entre les Ogonis et Shell, dans l’intérêt de tous les actionnaires”, a déclaré dans un communiqué Basil Omiyi, le directeur général de Shell Nigeria.

Selon Canon Justin Welby, représentant de l’organisation ICR, les médiations “constituent une première étape importante” dans la résolution des précédents conflits et augurent d’un avenir plus prometteur pour les régions ogonies déshéritées.

Les campagnes du MOSOP contre la pollution pétrolière et en faveur d’un meilleur partage des revenus du pétrole ont inspiré des actions similaires chez d’autres groupes ethniques du delta du Niger.

Les opérations d’exploitation de pétrole sont souvent interrompues et les violences qui secouent la région font chaque année plus de 1 000 morts.

Cinq entreprises mixtes gérées par l’Etat du Nigeria et plusieurs compagnies pétrolières internationales telles que Shell, Chevron Corp, ExxonMobil, Total et Agip exploitent plus de 90 pour cent de la production pétrolière du Nigeria estimée à 2,5 millions de barils par jour.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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