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Report des élections au 19 août

Les chefs d’état de la région des Grands Lacs ont décidé vendredi de repousser l’échéance du processus électoral au 19 août et l’entrée en fonction du nouveau gouvernement une semaine plus tard.

«Nous avons convenu que les élections devaient se tenir au plus tard le 19 août et que l’entrée en fonction du gouvernement devrait avoir lieu le 26 août», a déclaré Yoweri Museveni, le chef d’Etat ougandais et président de l’initiative régionale de paix pour mettre fin à plus de 12 ans de conflit dans le pays d’Afrique central.

Museveni et les cinq autres chefs d’Etat membres de l’initiative ont pris ces décisions lors d’un sommet extraordinaire qui s’est tenu dans la ville d’Entebbe à 34 km au sud de la capitale Kampala.

Dans un communiqué conjoint publié à l’issue de la réunion, les chefs d’Etat ont déclaré qu’ils «approuvaient une extension de la période de transition jusqu’au 25 août 2005, conformément au calendrier électoral retenu».

L’extension de la période de transition décidée vendredi est la deuxième depuis le début du processus électoral et permettra d’organiser les élections générales.

Le calendrier électoral a été présenté au sommet par Paul Ngarambe, le président de la Commission électorale nationale indépendante du Burundi (CENI), ainsi que les diverses opérations d’un processus électoral qui va au-delà de l’échéance du 22 avril prévue initialement.

Le gouvernement de transition a été formé après la signature des accords de paix et de réconciliation conclus en août 2000. Ces accords prévoyaient une période de transition de trois ans qui devait prendre fin en octobre 2004. Les chefs d’Etat de la région ont néanmoins décidé de prolonger une première fois le mandat du gouvernement jusqu’au 22 avril pour faciliter la tenue d’un référendum constitutionnel et des élections générales.

Selon les officiels présents à la réunion de vendredi dernier, le gouvernement de transition a exprimé sa ferme volonté d’«adhérer strictement» au nouveau calendrier électoral qu’ils considèrent comme très «contraignant».

Les représentants burundais «s’étaient plaints de l’absence de code électoral, mais depuis l’adoption de ces lois il n’y a plus de raison de ne pas tenir les élections», a déclaré un diplomate qui a requis l’anonymat.

Le sommet a appuyé les efforts de la Tanzanie visant à encourager les Forces nationales de libération (FNL), un groupe rebelle toujours actif, pour qu’elles entament des négociations avec le gouvernement de transition pour mettre fin à la guerre civile au pays.

«Le sommet a également approuvé la prochaine rencontre entre le président tanzanien Benjamin Mkapa et le leader des FNL Agathon Rwasa et loué les efforts de Mkapa visant à intégrer les FNL dans le processus de paix », a précisé le communiqué.

Les chefs d’Etat de la région n’ont pour autant reconsidéré leur décision de 2004 qui fait des FNL une organisation terroriste.

«La Tanzanie a été mandaté pour poursuivre les négociations avec les FNL, mais les sanctions contre les FNL sont maintenues et nous continuons de les considérer comme des terroristes», a affirmé un diplomate impliqué dans les pourparlers.

Malgré une constitution largement plébiscité lors le référendum du 28 février dernier et établissant un équilibre des pouvoirs entre la majorité hutu et la minorité tutsi, les tentatives d’établir un calendrier électoral au Burundi ont été marquées par des querelles quant à l’application du code électoral et des tensions entre le parti FRODEBU du président Domitien Ndayizeye et le principal groupe d’ex-rebelles, le Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces pour la défense de la démocratie (CNDD-FDD) dirigé par Pierre Nkurunziza.

Jeudi dernier, le CNDD-FDD a adressé au médiateur du processus de paix burundais, le vice-président sud-africain Jacob Zuma, une pétition exigeant le limogeage de Ndayizeye qu’il considère comme étant un obstacle à la paix et qu’il souhaite voir quitter le pouvoir.

Zuma a présenté la pétition au sommet régional et les chefs d’Etat dans leur communiqué ont «noté les problèmes opérationnels» évoqués par le CNDD-FDD et demandé à Zuma d’exhorter les deux parties à trouver une solution.

Dans un message du Secrétaire général de l’ONU Kofi Annan lu pendant la réunion, il exhorte les différentes factions rebelles du Burundi à adhérer au nouveau calendrier électoral afin de mettre fin définitivement au conflit qui a fait au moins 300 000 morts.

«Grâce à vos efforts courageux, le processus de paix dans ce pays touche à sa fin, en dépit des nombreux retards»,a déclaré Annan dans un communiqué lu par la chef de mission de l’Onu au Burundi, Carolyn McAskie.

«J’exhorte les leaders burundais à saisir cette dernière étape du processus pour répondre aux aspirations du peuple burundais qui souhaite un gouvernement démocratiquement élu, oeuvrant résolument pour la paix, la stabilité et le développement», a déclaré Annan.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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