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Le Burundi pourrait bénéficier du programme d’allègement de la dette du FMI

Les bons résultats de l’économie burundaise en 2004 pourraient rendre le pays éligible à l’initiative PPTE (Pays pauvres très endettés) du Fonds monétaire international (FMI), s’il poursuit ses politiques de privatisation et de libéralisation, a déclaré un représentant du FMI mercredi.

A la tête d’une mission du FMI qui séjournera 10 jours au Burundi, Paul Mathieu a indiqué lors d’une conférence de presse dans la capitale Bujumbura que sa mission présentera en juin prochain une deuxième évaluation des réformes économiques burundaises à la Banque mondiale et au Conseil d’administration du FMI.

«Nous souhaitons aussi y présenter la demande du Burundi pour bénéficier d’un allègement de sa dette dans le cadre du PPTE», a-t-il ajouté.

Selon Mathieu, la dette extérieure pourrait être réduite considérablement si la demande du Burundi était acceptée. Le pays pourrait ainsi économiser 30 à 40 millions américains sur son budget qui seraient alors réinvestis dans les services sociaux.

La délégation a encouragé le Burundi à poursuivre ses politiques de libéralisation et de privatisation, particulièrement dans les secteurs du café et du sucre.

Les citoyens burundais, particulièrement les fonctionnaires, espèrent que l’adhésion du Burundi à l’initiative PPTE permettra au gouvernement de satisfaire leurs revendications salariales.

Il y a des années que les fonctionnaires demandent des augmentations de salaire mais, depuis le début de la guerre civile en 1993, le gouvernement n’a pas pu satisfaire leurs revendications.

Le 7 mars dernier, les infirmiers et infirmières des hôpitaux publics ont décrété un mouvement de grève pour exiger une augmentation de salaire et de meilleures conditions de travail. Ce mouvement continue de paralyser les services de santé de tout le pays.

Les employés du ministère de la fonction publique entament leur deuxième mois de grève et revendiquent également une augmentation de salaire.

En 2004, les enseignants ont lancé un mouvement de grève qui a duré près de trois mois et ont menacé de reconduire leur grève si le gouvernement ne donnait pas une suite favorable à leurs revendications.

Le gouvernement continue d’affirmer qu’il ne dispose pas des ressources financières nécessaires pour augmenter les salaires des fonctionnaires.

Lors d’une réunion avec les responsables syndicaux vendredi dernier, le président burundais Domitien Ndayizeye a annoncé aux représentants des travailleurs qu’une hausse des salaires sera envisageable en juillet prochain, si le Burundi est éligible à l’initiative PPTE.

Les fonctionnaires devront être «patients», a indiqué Mathieu lors de sa conférence de presse. Selon lui, un budget raisonnable a été établi pour 2005 et celui-ci fixe des limites à ne pas dépasser. Toute augmentation de salaire aurait un impact considérable sur le budget de la nation et sur l’inflation.

«Qu’a-t-on à gagner si on augmente les salaires des fonctionnaires, mais que leur pouvoir d’achat baisse ?», a-t-il déclaré, en précisant que le taux d’inflation, qui s’établit à 11,8 pour cent, est déjà très élevé.

Ces mesures ont été prises pour renforcer le pouvoir de la banque centrale dans la poursuite de sa politique monétaire, a ajouté Mathieu.

La mission du FMI est au Burundi pour effectuer une deuxième évaluation des réformes économiques du gouvernement. Selon la mission, les résultats économiques du pays en fin décembre 2004 étaient bons. D’un point de vue macroéconomique, le Burundi a connu une croissance d’environ 4,5 pour cent en 2004, même si cette croissance est moins importante que prévu en raison de la sécheresse dans le nord du pays et de la hausse fulgurante des prix mondiaux du pétrole.

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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