Vincent Rutaganira, 60 ans, est le quatrième prévenu à reconnaître sa culpabilité dans le génocide rwandais perpétré entre avril et juin 1994. Le TPIR a été créé par le Conseil de sécurité de l’Onu en novembre 1994 pour juger et condamner les responsables du génocide rwandais qui a fait 937 000 victimes selon les statistiques du gouvernement.
L’ex-premier ministre Jean Kambanda a été le premier à plaider coupable devant le tribunal. Il purge une peine de prison à perpétuité au Mali.
De nationalité belge, Georges Ruggiu, journaliste et seul prévenu non-rwandais condamné par le tribunal, a été le deuxième à reconnaître devant le tribunal sa culpabilité lors du génocide. Il a été condamné à 12 ans de prison. L’homme d’affaires rwandais Omar Serushago a été le troisième prévenu jugé et condamné à 15 ans de d’emprisonnement au Mali.
Rutaganira, un ex-conseiller municipal de la commune de Mubuga dans la province occidentale de Kibuye, a plaidé coupable lorsqu’il a comparu devant le tribunal en décembre 2004.
La juge et présidente de la chambre, Andresia Vaz, a conclu que Rutaganira était coupable de crimes contre l’humanité par extermination.
Néanmoins, les trois ans de détention préventive déjà purgée par Rutaganira au centre de détention de l’Onu à Arusha ont été décomptés de sa peine. Il ne lui restera donc à purger que trois années de prison.
Rutaganira, père de dix enfants et diabétique, a été arrêté en mars 2002 dans un camp de réfugiés au nord-ouest de la Tanzanie après s’être rendu aux autorités du tribunal. A l’origine, 19 chefs d’accusation de crime contre l’humanité avaient été prononcés contre lui , avant d’être ramenés à sept, puis à un seul. L’accord de culpabilité entre le procureur et la défense ne contenait qu’un seul chef d’accusation : crimes contre l’humanité (extermination).
Selon les termes de l’accord, Rutaganira reconnaît sa pleine culpabilité pour la mort de milliers de civils tutsis qui se sont réfugiés à l’église Mubuga dans la préfecture de Kibuye entre le 8 et le 15 avril 1994.
Il a admis n’avoir entrepris aucune action pour protéger les réfugiés tutsis de la commune durant le génocide alors qu’il était un représentant du gouvernement.
La condamnation de Rutaganira porte à 24 le nombre total de condamnés, dont trois ont été libérés depuis (et non pas acquittés).
Le représentant du gouvernement rwandais auprès du TPIR, Aloys Mutabingwa, a déclaré que Rutaganira a démontré sa volonté à exprimer des regrets sincères en admettant sa culpabilité.
« Il a fait preuve de courage en avouant ce qui s’est passé au Rwanda et aide ainsi à la réconciliation nationale. »
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