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L’armée et les ex-factions violent et pillent, selon un rapport de MONUC

Des éléments des factions rebelles et de la nouvelle armée nationale intégrée ont pillé, violé et incendié des villages du Nord-Kivu dans l’est de la République démocratiques du Congo, a révélé une enquête spéciale menée par la Mission de l’Onu en RDC (MONUC) et publiée le 24 février.

«L’équipe des enquêtes spéciales de la section des droits de l’homme de la MONUC a confirmé que des actes de pillage systématique et de viols à grande échelle ont été commis par toutes les parties suite aux combats à Kanyayonga du 12 au 15 décembre 2004 », a déclaré à IRIN Sonia Bakar, l’officier de la MONUC chargé des enquêtes spéciales sur les violations des droits de l’homme.

L’équipe enquêtait sur les violations des droits de l’homme perpétrées de la mi-décembre à la fin janvier sur les territoires de Masisi, Rutshuru, Walikale et Lubero à 180 km au nord de Goma.

Selon Bakar, les ex-rebelles de l’Armée de Libération du Congo (ALC), l’ancienne branche armée du Mouvement pour la libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba, les ex-combattants de l’Armée patriotique Congolaise, l’ancienne branche armée du Rassemblement Congolais pour la Démocratie-Kisangani/Mouvement de Libération (RDC-K/ML) et les militaires des anciennes Forces armées Congolaises (FAC), sous le président défunt Laurent Kabila, ont tous commis des viols et des pillages durant les combats.

L’équipe d’enquête spéciale a aussi accusé la milice traditionelle Maï-Maï des mêmes crimes.

Depuis la signature d’un accord de paix global et inclusif le 27 décembre 2003 en Afrique du Sud, toutes les ex-factions rebelles ont rejoint le gouvernement de transition. Chacune des factions a gardé ses milices en attente d’une éventuelle intégration au sein des Forces armées de la RDC (FARDC), l’armée nationale.

En décembre 2004, 10 000 éléments venant de différents mouvements rebelles ont été rassemblés et envoyés au Nord-Kivu pour combattre l’Armée nationale congolaise (ANC), la faction armée du Rassemblement congolais pour la démocratie-Goma (RCD-Goma) qui fait aussi parti du gouvernement de transition.

La MONUC a enregistré au moins 55 cas de violation de droits de l’homme commis par des soldats de l’armée nationale. En février, une cour martiale congolaise a condamné 29 d’entre eux pour meurtre, viol, pillage et déobéissance.

«Le nombre de coupables est nettement supérieur au nombre de personnes jugées», a dit Bakar.

Elle a également émis des réserves quant à la procédure et à l’impartialité du procès.

Les enquêteurs ont aussi été informés de l’occupation illégale des maisons de la population par les militaires de la 43e Brigade et commandos de la FARDC dans les environs de la localité de Kaseghe.

«Les ex-ANC (124eme Bataillon) se sont livrées à des pillages et destructions d’infrastructures lorsque leurs troupes contrôlaient les localités de Kirumba, Kayna et Kanyabayonga», a expliqué Bakar. « Les ex-ANC ont utilisé le viol pour terroriser la population civile».

Selon Bakar, 81 cas de viols commis par les ex-ANC ont été répertoriés.

Parmi les nombreuses violations des droits humains répertoriées dans l’enquête spéciale de la MONUC se trouve aussi l’assassinat d’au moins 30 civils Nandes par des éléments de l’ex-RCD-Goma en représailles au meurtre de trois des leurs par les Maï-Maï, d’origine Nande et toujours non-identifiés.

«A ce jour, aucun des présumés coupables n’a été traduit en justice», a révélé Bakar.

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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