“Le président a demandé à la délégation togolaise de revenir sur sa décision, de rétablir l’ordre constitutionnel et d’organiser des élections libres et transparentes,” a indiqué à la presse le porte-parole d’Obasanjo, Remi Oyo.
La délégation togolaise a quitté la réunion et est rentrée à Lomé sans faire de commentaires.
Selon Remi Oyo, le président Obasanjo a reçu la délégation togolaise sur l’insistance de Gnassingbe qui voulait expliquer au chef d’Etat nigérian les raisons de sa prise de pouvoir arbitraire au mépris de la constitution.
Cette constitution prévoit qu’en cas de décès du président de la république, le président de l’assemblée nationale assume l’intérim du pouvoir et organise de nouvelles élections dans un délai de 60 jours.
Mais le 5 février, quelques heures après le décès d'Eyadema, qui a dirigé pendant 38 ans et d’une main de fer ce petit pays d’Afrique de l’ouest, l’armée confiait le pouvoir à Faure Gnassingbe, fils du président défunt et précédemment ministre des Travaux publics, des mines et des télécommunications.
Le jour suivant, l’assemblée nationale était rapidement convoquée en session extraordinaire pour entériner la nomination de Gnassingbe et amender la constitution pour lui permettre de diriger le pays jusqu’en 2008 sans organiser des élections.
L’usurpation du pouvoir par Gnassingbe a été unanimement condamnée en Afrique et ailleurs et a été assimilée à un coup d’état militaire.
La visite de Gnassingbe au Nigeria, la superpuissance régionale, correspond à son premier voyage à l’étranger depuis qu’il a succédé à son père, il y a 12 jours. Le responsable togolais était accompagné d’une forte délégation de ministres et de députés.
Selon les explications fournies par la délégation togolaise au président Obasanjo, le pouvoir a été confié à Faure Gnassingbe pour “empêcher que le pays ne sombre dans l’anarchie” a indiqué Oyo.
En privé, certains hauts fonctionnaires togolais ont indiqué mercredi dernier que Gnassingbe était prêt à se plier aux injections de la CEDEAO et de l’Union africaine (UA), à rétablir l’ordre constitutionnel qui prévalait avant sa prise de pouvoir et à organiser des élections dans un délai de 60 jours.
Mais ces fonctionnaires n’ont pas voulu préciser si Gnassingbe était prêt à quitter le pouvoir entre temps pour permettre une transition démocratique au Togo. Pour certains diplomates en poste à Lomé, cette situation est très peu probable.
Toute la population togolaise s’était retrouvée autour des postes de radio et de télévision mercredi soir pour écouter le discours à la nation que Gnassingbe devait prononcer. Ce rendez-vous avec le peuple n’a pas eu lieu et a été reporté à une date ultérieure.
Président en exercice de l’UA et critique acharné de la manière dont le transfert du pouvoir s’est fait au Togo, Obasanjo n’a pas accordé à Gnassingbe les honneurs particuliers rendus à un chef d’Etat en visite dans un pays étranger.
Le chef d’Etat togolais a été accueilli à l’aéroport par le ministre des affaires Etrangères du Nigeria, Oluyemi Adeniji.
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